Star Trek : Deception

Avis sur Star Trek : Discovery

Avatar Yoann O'Bedlam
Critique publiée par le

J'ai trainé avant de me faire un avis arrêté dessus et les jours passant, force m'a été de constater que je n'en garde qu'un souvenir vague et mitigé sans l'envie de forcément continuer plus avant.
Un comble pour une série que je voulais aimer, que je souhaitais adorer, qui avait tous les ingrédients pour m'aguicher.
Bien que n'étant pas convaincu par la période choisie, il y a tant à faire avec l'univers Star Trek, pourquoi choisir un entre deux, une période plus ou moins connu par toutes les autres oeuvres si ce n'est pour surfer sur une vague tendance de retrouver le vieux conflit klingon-fédération en clin d'oeil aux origines et évoqué dans les films.
Reste que l'équipe prévue, Bryan Fuller aux manettes, une personne que j'ai appris à adorer avec beaucoup de ses séries précédentes, les nouveautés qui s'annonçaient, le changement d'identité visuelle des vaisseaux, un nouvel équipage, bref, tout était là pour être enthousiaste.

Le résultat est au final très décevant. Premièrement, étant client des précédentes séries et de la formule, je m'attendais à être bousculé mais pas autant. La suppression de la formule un épisode-une histoire est en grande partie responsable de ma grande déception. Ce qui faisait la force de la saga Star Trek a tout bonnement été supprimé pour nous servir une histoire unique plutôt poussive et mal rythmée. Seul deux trois épisodes font écho à l'ancienne recette et m'ont juste satisfait. Là où, je prenais plaisir à piocher des épisodes dans les séries précédentes, ici je suis obligé de me fader des discours à n'en plus finir pour que le récit avance mollement.
La tenue de l'histoire aurait pu ensuite suffire à tenir en haleine et là encore, ça pêche un peu. Sans être véritablement désagréable, on finit par s'empêtrer dans des échanges faciles, des tensions relationnelles sans grands enjeux. Dommage car on voit bien une volonté de chambouler certains codes mais malheureusement ça ne fonctionne pas tant que. Tout simplement parce que Star Trek l'a déjà fait auparavant, avec un membre paria, un personnage féminin fort (plusieurs dans chaque séries même), un capitaine au comportement douteux, c'est bien mais ce n'est pas si nouveau. Reste que les acteurs sont dans l'ensemble très chouettes en revanche et sont rapidement attachants ou fascinants.
Une autre idée était aussi très bonne, celle de ne pas voir que le point de vue de la fédération mais celui des adversaires, d'une autre culture et en langue originale s'il vous plait. Une initiative plutôt de bon aloi et pourtant assez raté. Des harangues tarabiscotées, des tirades trainantes, c'est con mais à vouloir trop en faire, ça ne tient pas la route. Il y a eu des épisodes très klingonesques par le passé qui fonctionnait mieux et tout simplement parce que les acteurs surjouaient, peu d'effets et on avait là une sorte de théâtre de boulevard, à la fois très intense, très vivant et très drôle à la fois. Ici, c'est statique et un trop plein de maquillage rend les klingons totalement fades et inexpressifs. La simplicité, ça a du bon parfois.
À vouloir trop axer justement sur des personnages emblématiques, sur une personnification intense, on en perd le propos et ainsi les passages klingons sont répétitifs, tournent rapidement en rond, finissent par être très statiques.
C'est d'ailleurs un autre des gros défaut de la série, la longueur des épisodes, on finit par s'habituer à ce format... mais moi pas. Les 40 min, 1h deviennent une norme pénible qui ennuie plus qu'encourager à continuer quand on étire des scènes qui mériteraient bien moins de surlignages.

Tout n'est quand même pas à jeter. J'en reviens à l'équipage qui est efficace, c'est toujours un plaisir de retrouver une nouvelle équipe de la Fédération et là, c'est encore le cas, c'est juste un peu dommage que Michael Burnham prenne trop de place au détriment de la découverte des autres, on sent bien la volonté d'en faire un élément central et unique, ce qui va un peu à l'encontre de l'esprit de communauté toujours présente dans Star Trek.
Le côté visuel est sympathique, les nouvelles idées technologiques, certains nouveaux designs (hérités des films, on sent bien l'envie de plaire à ce nouveau public), c'est en effet rafraîchissant mais on sait depuis longtemps que le clinquant, ça ne fait pas forcément la qualité. C'est un peu le cas ici.

Tout ceci fait un peu vieux con et intégriste, je m'en rends assez compte, mais voilà, j'étais habitué à une recette ou du moins à certains ingrédients de base et ceux-ci sont purement éliminés dans cette nouvelle série, la mayonnaise ne prend pas avec moi malheureusement.
Et même si je pense que ça reste une série qui tient néanmoins la route, je la trouve pour l'instant bien pauvrette par rapport à ses prédécesseures. Auparavant, chaque épisode (ou presque) abordait un principe, une idée, une question d'éthique, de société, scientifique et/ou proposait un autre regard sur un domaine. Ce n'était pas toujours très bon, c'était parfois mal joué, souvent kitsch, de temps en temps fumeux, mais une volonté de toujours vouloir servir un propos faisait que ça tenait la route.
Ici, on a une belle aventure spatiale et quelque chose qui se perd un peu entre les galaxies à vouloir trop jouer sur un effet de mode et une envie de trop s'imprégner de l'univers Star Trek tout en voulant chambouler les bases.

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