Joli minois ? Et moi et moi émoi!

Avis sur Swamp Thing

Avatar Kinovor-Cinefaj
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J'étais venu pour la bête, j'ai trouvé la belle. Le succès au cinéma et tout ce qui s'en approche, ne se bâtit pas sur des recettes. Si l'alchimie reste assez mysterieuse, certain ingrédient inoxydable demeure : le joli minois. Sel de la narration, c'est aussi une grosse ficelle, en particulier chez mainstream Joe. Et moi et mes émois : paf le panneau.

Qu'en reste-t-il, de nos émois ?

Chez moi, un laxisme coupable. L'autopsie du mec qui est mort d'un deepthroat exagéré avec une branche de saule tourne à l'autodafé du zombie végétal à tentacules? C'est gaufrette. Une tite caresse sur la joue, et va pour un verre de bourbon au troquet. Personne ne pose de questions, pompiers et autres n'y ont vu que du feu. Faut dire que si le héros et sa copine aux lèvres ourlées font un coma post traumatique passée la première demi-heure, à la gare mémé n'est pas rendue.

Gloriole et ambition, les mamelles du rêve américain, pousseront donc nos dynamiques amis dans le marais à minuit. Et là, découvrant le bateau et son équipage disparus, empalés, mon dieu encore sur une grosse branche de saule, ma pulpeuse doctoresse de s'exclamer, esprit de synthèse oblige : '' Mais comment c'est possible!? ''. Dis chérie, t'as pas échappé de peu au pal végétal, y'a pas 2 heures?

Bien la peine de faire dans la femme de poigne si c'est pour lui mettre par derrière des paroles de nunuche dans la bouche.

Ah ! On est peu de choses, un repli labial plaisant, et me voili parta pour me cogner la suite, faisant fi de ces remarques ma foi rabat-joie.

Je n'ai pas été déçu. Crystal Reed et sa bouche sont là. Son nom sonne décidément white trash au delà du réel, j'en saliverais. La sachant désormais issue du cast d'une série au titre si galvaudé, '' Teen wolf'', qu'on dirait une recherche Pornhub, ainsi que du mannequinat, je cède, un peu plus dubitatif.
Et je persiste à m' infliger cette double torture : par définition, mon fantasme labial n'est pas accessible. Crystal se dandine de l'autre côté du mirroir, hors de portée.
Deuxièmement, on continue de lui faire dire et faire des inepties. Elle a vu une créature au marigot? Ridiculisée une fois, c'est décidé, elle n'en parlera plus à personne. Sauf à sa lesbienne copine logeuse, par ailleurs... journaliste et barmaid. Élire gossip girl au rang de maîtresse de confesse, c'est quand même pas fufute...
Suzy creamcheese cède à l'appel du marais et on retrouve sa trace à bord d'un bateau portant cadavre. Pourquoi diable son flicaillon de prétendant irait-il appeller des renforts? Non, au lieu de ça, il laisse sa dulcinée poursuivre seule ses recherches dans les saules pendant qu'il va cramer du benzine en pure perte. Même une fois la fillette secourue, c'est le central qui use de la CB, des fois qu'ils auraient oublié de ramener du PQ en passant. C'est tellement gros qu'au début de l'épisode suivant, on a droit à un rattrapage aux branches de saule pourries en prétextant l'animosité de la shérif en chef pour ma pulpeuse. Sauf que c'est une redondance, la scène expliquant que Shérif mal disposée et Flicaillon prétendant étaient mère et fils avait déjà eu lieu.

Ainsi s'accumulent mes griefs rabat-joie. Alors, quand s'y ajoutent pléthore de poncifs, comme le méchant industriel, culpabilité et rédemption, mamelles -encore- de la narration chez mainstream Joe, le repli labial de Crystal commence à ne plus faire le poids. D'autant, recul et déception aidant, que son jeu d'acteur m'apparaît désormais tel qu'il est : stéréotypé donc banal.

Ici, j'ai rompu avec Crystal, indigne d'un Jean Marais. Que reste-t-il de mon émoi ? Une chronique un peu concupiscente, et peut-être ''quelques grains oxydés sur de la paraffine''.

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