Once Upon a Time in a Galaxy Far Far Away...

Avis sur The Mandalorian

Avatar Steɇve
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Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours eu une préférence pour les antihéros plutôt que pour les héros. Si c’était très certainement lié au charadesign pendant mon enfance, il en est tout autre de nos jours. L’ambivalence, l’arrogance et l’égoïsme de ses personnages est quelques choses que je préfère nettement voir être développé contrairement au parcours standard, voir classique du héros. L’un des exemples qui me viennent à l’esprit n’est autre que Boba Fett, visible dans le peu de scène lui étant consacré dans les épisodes 5 et 6 de cette saga culte qu’est Star Wars. Gamin, j’étais absolument captivé par le design de son armure ainsi que par tous ses gadgets lui permettant de traquer ses cibles. Aujourd’hui, je suis curieux de tout ce qui tourne autour des mandaloriens. Il va donc de soit que j’étais très attentif de chaque information concernant la série The Mandalorian, toute première série live action estampillée Star Wars. J’étais curieux de savoir ce que cette série allait pouvoir apporter à un univers aussi vaste que celui de Star Wars alors que là désormais nommée « Postlogie » est resté très ancré dans le passé de la saga Skywalker.

Bien que se déroulant dans cette même galaxie lointaine, très lointaine, The Mandalorian pose une ambiance sombre et froide dès son premier chapitre. Ici, nous ne parlerons pas de Jedi, de côté lumineux où obscur. Non, The Mandalorian fait la part belle aux chasseurs de primes, aux bandits et aux traîtres. Un choix idéal pour introduire des personnages plus sombres et qui pourront devenir marquant à l’avenir (dans la même veine que ce proposait Rogue One). Des personnages incarnés par un casting assez surprenant pour une série. Je pense entre autres à Werner Herzog dans la peau du Client, Carl Weathers en représentant de la guilde, mais aussi à Giancarlo Esposito dans le rôle de l’énigmatique Moff Gideon. Des personnalités ayant une certaine prestance. C’est également curieux d’avoir casté un acteur comme Pedro Pascal pour le rôle de Mando, le protagoniste principal… ne retirant jamais son casque….

Néanmoins, voir tout ce petit monde convié dans cette série rassure sur un point, Jon Favreau a eu les moyens et la confiance de Disney pour donner vie à sa vision. Une vision avec laquelle j’ai quelques réticences malgré des inspirations et des ambiances bien senties. Jon Favreau a voulu rappeler les thématiques du western pour les chasseurs de primes et les films de samouraï pour le côté rônin du mandalorien et son crédo. La série m’a même rappelé cette série de films de samouraï « Baby Cart » que je vous recommande si vous avez apprécié The Mandalorian et que le Japon féodal est une période qui vous intéresses.

Mais malgré son ambiance et ses inspirations plaisantes, The Mandalorian possède un problème de structure scénaristique à mes yeux. Bien qu’il soit commun pour une série de développer un fil rouge lors des premiers épisodes pour ensuite laisser place à quelques épisodes « filler » pour revenir au fil rouge lors du final de la saison, je trouve que cette structure pourrait marcher dans The Mandalorian, mais pas avec si peu d’épisodes. Voyez-vous, je pense que nous pouvons décomposer l’univers des séries en deux catégories ; la structure dite sérielle expliquée ci-dessus qui a pour principal avantage de laisser une certaine liberté créative entre les épisodes, et la structure que j’aime appeler filmique qui consiste à raconter une histoire sur des saisons plus courtes en ne laissant aucune place pour des épisodes « filler » (Peaky Blinders par exemple). The Mandalorian essaye de faire les deux. Si ce mixte fonctionne relativement bien dans les épisodes 2 et 4 car ce sont des péripéties « annexes » mais utile à la trame principale, on ne peut pas en dire autant des épisodes 5 et 6 qui semble vraiment de trop dans cette saison bien qu’ils soient divertissants. Je pense qu’un équilibre serait à trouver pour les saisons à venir. Quelques choses comme 6 épisodes « centraux » et 6 épisodes « centraux/annexes » pourrait être réaliste et réalisable à mettre en place je pense.

Concernant ce que raconte la série, on peut dire que le point de départ de l’histoire est assez intriguant pour nous donner envie de continuer le visionnage au-delà du chapitre 1. En revanche, l’équilibre entre apport scénaristique et divertissement mériterais d’être revu, car les chapitres 5 et 6 (et même le 4) semble trop indépendant au fil rouge et sentes trop le réchauffer à mon goût. (Faire un épisode dans la veine de Les 7 Samouraïs de Kurosawa où en reprenant les codes du film de casses n’est pas une idée déplaisante, mais ce n’est pas très original…).

Mais malgré ses défauts, The Mandalorian est une œuvre agréable à visionner, apportant un élément d’intrigue intéressant dans le vaste univers étendu que propose Star Wars. Je souhaite que Disney et Jon Favreau fasse le nécessaire pour corriger les quelques défauts de la saison 1 pour nous proposer une saison 2 encore plus appréciable.

« Ainsi ai-je parlé. »

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