Bernard Werber aux États-Unis

Avis sur The OA

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Il paraît d'avance très délicat de critiquer The OA sans spoiler comme une brute tout le scénario, puisque la structure narrative de l'oeuvre repose intégralement sur le mystère : Quel est le thème de l'histoire ? Qui sont ces personnages ? Qu'est ce que cette série dit ? Les questions classiques qui viennent en tête au premier visionnage d'un pilote ne quittent plus jamais le spectateur. The OA est ainsi fait que le visionnage du premier épisode entraîne quasi-mécaniquement, sans passion, le visionnage des sept épisodes suivants. A ce titre, pas de toute, la série fonctionne. Mais on quitte The OA avec la désagréable sensation de s'être fait floué.

Dès le départ, quelque chose cloche. Des facilités scénaristiques aberrantes, des personnages déjà vus, une histoire que l'on a le sentiment de s'être déjà fait raconter mille fois. Si on ajoute à ça quelques partis pris un peu sensationnels et tape à l'oeil (le générique d'introduction de la série à la toute fin du premier épisode, le numéro des épisodes à la suite de leur titre, ce genre d'effets de manche un peu lourds), on obtient une sorte de tracteur déguisé en cheval de course. Mais le mystère est tel que la sauce prend. Et puis, c'est une série Netflix, non ? Il y a des chances que ça obéisse à un certain standard de qualité, non ? Je vais pouvoir briller auprès de mes amis en leur recommandant la dernière série Netflix qui parle de l'existence et qui est produite par Brad Pitt, non ?
Non : Au fil des scènes le malaise s'installe : jeu d'acteur un peu embarrassant, photographie dégueulasse, cinématographie façon téléfilm des années 2000, et une œuvre qui part dans tous les sens. Les clichés se succèdent, accolés les uns aux autres dans un bricolage maladroit pour tenter de produire quelque chose de touchant et de profond. Mais c'est l'échec total. The OA n'a pas eu une réalisation à la hauteur de son ambition, et tout y semble donc contrefait.

Mais venons-en à l'histoire et aux spoilers.

The OA, c'est les Thanatonautes et l'Empire des Anges de Werber à la sauce New-Age US. La série semble avoir l'ambition de faire vibrer et de soulever des questions existentielles, mais on se retrouve très vite dans un article de philosophie magazine qui aurait rencontré la newsletter de Nibiru. Multivers et Religion. Ressentir les belles choses de la vie et donner de l'amour à ses proches pour libérer son potentiel. Saviez-vous qu'il existe une vie après la mort ? Le pouvoir de guérir est plus fort que la haine.

J'en passe et des meilleures.

Paradoxalement, pour une série qui semble se vouloir aussi belle et touchante, la partie la plus réussie concerne la séquestration des personnages. Enfermés avec eux, on essaye de comprendre comment s'en sortir. La ficelle est grosse, le symbolisme ultralourd, et les nouveaux personnages superficiels - mais quelque chose nous fait rester accroché. On veut en voir plus. Le plaisir n'est toutefois que de courte durée : puisque l'on sait OA saine et sauve, il n'y a quasiment plus aucune tension dramatique dès que l'on se rapproche de la fin de la saison (ou série ?).

Et c'est alors le coup fatal : le finish en pétard mouillé, totalement ridicule, qui ne manquera pas de provoquer le rire nerveux du spectateur qui se sera fadé les huit épisodes pour cette flash mob contre la haine à Columbine. Quelle émotion, c'est bow.

En bref, The OA a l'ambition d'une profondeur que la série n'atteint jamais.

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