De cette plongée dans l’âme humaine des deux protagonistes, on ne ressort pas tout à fait indemnes.
J’aime les series qui ne surexpliquent pas, qui montrent, qui nous donnent une sensation de liberté.
L’acteur incarnant le prince Andrew est magistal. Loin de jouer un personnage diabolique qui cacherait bien son jeu, il montre un homme qui ne comprend pas le monde qui l’entoure. Biberonné aux privilèges, mais aussi à l’immense frustration liée à la position de « second », il n’a pas su trouver sa place. Il nous rappelle son neveu bien sûr, le « spare ».
Ruth Wilson, avec son physique et sa voix si particulières, ne me semblait pas le choix le plus évident, mais elle donne corps à son personnage d’une façon extraordinairement convaincante.
Edit: je viens de regarder la vidéo originale de l’interview. J’ai été stupéfaite d’y retrouver les mêmes inflexions de voix et une similitude visuelle bluffante malgré le physique très différent des deux femmes.
Le montage des episodes est excellent. Et il est appréciable que le monteur (de l’interview) soit montré à l’écran. Eux qui travaillent dans l’ombre.
J’ai aimé les nuances, les hésitations, les doutes qui sont portés à l’écran avec subtilité.
Et surtout un vague sentiment de culpabilité et d’avoir fait une « bêtise » dont Andrew ne prend pas la mesure mais dont il subodore la gravité malgré tout, sous des couches de déni, qui empoisonnent son âme, et c’est si remarquablement exprimé par Michael Sheene que ça en devient contagieux : on finit par se demander soi-même si, au fond, on n’a pas quelque chose à se reprocher nous aussi...