La série démarre très bien. Le mélange entre humour noir, drame et réflexion sur le deuil fonctionne immédiatement, et Ricky Gervais parvient à toucher juste dans les premiers épisodes. Malheureusement, la série finit par s’enfermer dans une routine presque mécanique. On a rapidement l’impression de revoir sans cesse les mêmes scènes : le lit, les vidéos de sa femme, la bouteille de whisky, le journal local, le cimetière, les promenades avec le chien, le facteur, les grandes leçons de vie… Au bout d’un moment, tout devient terriblement répétitif.
L’humour, pourtant vendu comme l’une des grandes forces de la série, ne m’a pas fait rire aussi souvent que je l’espérais. Quelques répliques font mouche, mais les personnages excentriques du journal sont tellement caricaturaux qu’ils finissent davantage par lasser que par marquer les esprits.
Le plus gros défaut reste toutefois le personnage de Tony. Ricky Gervais lui offre constamment le beau rôle : il est odieux avec tout le monde, mais chacun finit toujours par l’excuser, le comprendre ou lui donner raison. Personne ne lui tient réellement tête, ce qui rend le personnage de plus en plus agaçant à mesure que les saisons avancent.
Malgré tout, After Life conserve une vraie sensibilité. La série alterne avec efficacité des moments drôles, d’autres très émouvants, et certains passages m’ont sincèrement fait rire comme pleurer. Avec seulement six épisodes d’une vingtaine de minutes par saison, elle reste facile à regarder. Mais, à mes yeux, deux saisons auraient largement suffi : le message était déjà passé, et la troisième ressemble davantage à une prolongation qu’à une véritable nécessité.