Une mini-série géniale d'Agnès Varda, une sorte de carnet de voyage, de documentaire d’art et de réflexion sur le cinéma.
On retrouve tous les éléments qui la caractérisent, beaucoup de poésie et un style profondément intimiste. Les cinq épisodes suivent une année de voyages à travers différents pays, le Mexique, le Portugal, l'Italie et d’autres encore. Mais on est loin du simple journal de bord.
À chaque voyage, elle capte des lieux, des visages, des œuvres, elle retrouve certains de ses amis artistes et surtout, elle se filme elle-même, avec son regard de cinéaste toujours en quête d'une image à raconter. Puis là où je la trouve fascinante, c'est quand elle arrive à mêler réflexions sur l’art, rencontres entre différents artistes et souvenirs personnels. Mon moment préféré et qui m'a le plus marqué c'est lorsqu'elle revient sur les lieux de tournage de La Pointe Courte, son tout premier film, et qu’elle retrouve un pêcheur qui avait joué dedans. La scène est simple mais pleine d’émotion.
Évidemment, son amour pour Jacques Demy est là aussi, pudique mais présent, lors de son passage à Nantes où elle lui rend hommage avec tendresse. Et entre tout ça, des discussions sur la photographie, l’image fixe, l’image animée et beaucoup d'expos d’art contemporain assez fascinantes.
Bref, c'était génial. On a quand même une cinéaste qui a côtoyé toute la Nouvelle Vague mais qui garde une tendresse et une fascination immense pour les gens ordinaires et c'est beau.