Si Alice au pays des merveilles a été écrit sous l’emprise du LSD nous faisant planer dans un monde improbable de l’autre côté du miroir, Alice in Borderland nous amène plutôt dans un univers parallèle aussi féroce qu’impitoyable. Il nous embarque, avec ce bon vieux Battle Royale, au cœur de ce sujet dont les Japonais semblent raffoler, des individus coincés dans une situation dans laquelle ils sont obligés de tuer pour survivre.
Mais est-ce vraiment le cas ? Version cinématographique d’un shōnen manga (qui cible principalement des ados de sexe masculin, entre 8 et 18 ans), cette apologie d’Alice au pays des merveilles se révèle d’une extrême violence dont l’intensité ne se voit soulagée que par le discernement, la perspicacité et les stratégies d’Arisu (Alice en japonais) aidé par sa nouvelle amie Usagi (lapin).
Si cette série répond à tous les clichés qui nous font aimer l’atmosphère des mangas (parfois trop sur joué ? Les expressions ? Les onomatopées ? Le sacrifice altruiste ? Les sectes fanatiques ? Cette terrible blessure de la bombe d’Hiroshima qui laisse inexorablement cette trace d’univers désemparé et dévasté ? Et j’en passe…) Alice in Borderland se prononce plutôt comme un thriller aussi impitoyable qu’ingénieux qui pourra aguicher les sceptiques du genre.