Avec Archives 81, on a affaire à un très gros travail scénaristique et de réalisation.
Scénaristiquement, d'abord, le travail est extrêmement soigné et intelligent. Les 4 premiers épisodes sont une grande réussite d'intrigues entremêlées, de coups de théâtre imprévisibles et de révélations qui vous retournent la tête. Hélas, un tel rythme ne peut être longtemps soutenu, et la nervosité du scénario a inexorablement tendance à ralentir après la moitié passée.
En terme de réalisation, ensuite, c'est très fort. Archives 81 fait se rencontrer deux personnages qui ne sont jamais censés se rencontrer. Et ça, il faut réussir à le montrer à la caméra, et, d'autant plus ici, par caméras interposées. Et c'est très bien fait, grâce notamment à un montage intéressant et parfois même audacieux.
Néanmoins, la série n'échappe pas - à mon humble sens - à deux grandes critiques.
D'abord, je le disais, le rythme qui s'essouffle, alors même que la série est angoissante et même haletante dans sa première moitié. Le rythme retombe, parfois même s'écroule, quand, finalement, le point de vue narratif change, en passant de celui qui avait réussi à arnacher cette tension (Dan), pour passer à celui de Melody, qui a finalement bien plus de corps et de matière quand elle est vue d'après le prisme de Dan.
Enfin, les incohérences qui sont légions, et notamment celles de réalisation.
Toute l'intrigue repose sur le fait que Dan découvre l'histoire de Melody à travers les cassettes qu'il restaure. La série repose sur ce biais. Le spectateur en sait autant que Dan. L'histoire de Melody se découvre au travers des cassettes. Et beaucoup trop souvent la réalisation néglige ce détail en enjambant tout bonnement cette spécificité : la caméra de Melody s'éteint et on suit pourtant ce qu'elle vit, des flash-back dépourvus de caméra, des absences même de caméra... Cela donne l'impression que le morceau imaginé était trop gros pour l'équipe du film. C'est dommage.