Ce projet est l’illustration parfaite de tout ce qui peut faire perdre confiance dans le financement participatif.
La campagne promettait une série d’exploration de parcs d’attractions abandonnés, une production ambitieuse, des lieux insolites et des invités issus de l’univers de la pop culture, du jeu vidéo et de YouTube, parfaitement cohérents avec le thème annoncé. C’est cette promesse qui a convaincu les contributeurs de sortir leur portefeuille.
La réalité est tout autre.
Les vidéos qui ont finalement été produites n’ont que peu de rapport avec le projet vendu pendant la campagne. L’ambition affichée s’est évaporée, le concept a été profondément vidé de sa substance et le résultat donne surtout l’impression qu’une fois l’argent récolté, les engagements sont devenus secondaires.
Et puis il y a le sujet impossible à ignorer : les contreparties.
Elles n’ont pas été envoyées.
Pas avec quelques mois de retard. Pas après une longue attente. Elles n’ont tout simplement jamais été expédiées. Six ans après la campagne, les contributeurs attendent toujours des récompenses pour lesquelles ils ont pourtant payé. Six ans, ce n’est plus un contretemps, ce n’est plus un oubli, ce n’est plus un problème d’organisation : c’est un abandon pur et simple des engagements pris envers les personnes qui ont financé le projet.
Le plus dérangeant, ce n’est même pas que le projet n’ait pas été à la hauteur. Tous les projets peuvent rencontrer des difficultés. Ce qui est inacceptable, c’est d’avoir construit une campagne sur des promesses qui n’ont jamais été honorées, puis de laisser les contributeurs avec le sentiment qu’une fois la collecte terminée, leur rôle s’arrêtait à avoir payé.
Le financement participatif repose sur un contrat moral extrêmement simple : le public fait confiance à un créateur avant même que son projet n’existe, et en retour, le créateur respecte les engagements qu’il a librement pris. Ici, ce contrat a été rompu.
Au final, cette campagne restera moins comme une série sur des parcs d’attractions abandonnés que comme un exemple de promesses abandonnées. Ce n’est pas seulement un projet décevant, c’est un projet qui a trahi la confiance de ceux qui lui ont permis d’exister. Et lorsqu’un créateur transforme la confiance de sa communauté en six années d’attente sans contreparties, il ne peut pas s’étonner que la déception laisse place à une critique sévère.