Je me suis difficilement remis de Castlevania sauce Netflix et je dois encore me farcir une série revue, révisée à la sauce woke et en plus il s'agit là de Batman, l'une de mes icônes favorite de la pop culture.
Tout partait pourtant très bien avec les différentes personnes crédités à part J.J Abrahms qui avait cette tendance à faire rentrer dans le moule de l'inclusion, du wokisme tout ce qu'on lui mettait dans les mains, même si en vrai, Star Trek ou Star Wars à la sauce Abrahms, ça passe.
Avec Bruce Timm, je partais bien plus confiant, showrunner de la série des années 90's, on y retrouve son esthétisme, années 40-50, gothique, qui il faut le dire, colle parfaitement à l'ambiance de Gotham City et du chevalier noir. Caped Crusader est en ce sens une réussite car on y retrouve ce trait caractéristique, élégant, classe, sobre et vintage. En revanche j'ai eu le sentiment dans un grand nombre de scènes, que l'univers était devenu vide, terne, sans vie. Un sentiment assez gênant qui m'a fait sortir plus d'une fois de l'histoire et de l'action proposée. Manque de moyens ou paresse ?
Mais le pire dans la série, c'est la platitude des scénarios, les épisodes pourtant d'une durée standard (25-30 min) m'ont paru dans la première partie interminables. On s'ennuie, ça ne décolle jamais, très peu de scènes marquantes mais si l'univers est là et fidèle et qu'on peut toujours s'émerveiller de certains plans.
Malheureusement, à cette faiblesse scénaristique s'ajoute un agenda politique poussif qui prend de très mauvaises décisions au profit de l'idéologie woke, chose qui pourrait ne pas me déranger si c'était bien fait, bien amené et que cela ait du sens mais ici beaucoup de choix politique ternissent un récit déjà mince. La surexposition des personnages féminins par exemple, comme Barbara Gordon qui devient véritablement l'héroïne du show, Batman et Bruce Wayne étant mis clairement au second plan ou encore la relation lesbienne de Harley Quinn qui arrive comme un cheveu dans la soupe, non pas que cela me dérange qu'un personnage soit homosexuel mais rappelez-moi déjà les origines de Harley Quin, les tenants et aboutissants de ce personnage ? S'il y a bien un personnage qui ne peut changer d'orientation sexuelle, c'est bien Harley Quinn, qui au passage n'a plus rien à voir avec le Joker puisque le Joker est au abonné absent, sauf à la toute fin de la saison, lorsqu'Harley a déjà quitté la ville depuis un bail.
La silhouette des femmes a aussi bien évoluée depuis la série des années 90. Exit le corps parfait à la sauce Pine-Up qui je le reconnais était peut être un peu redondant. Mais là, lorsqu'on voit les épaules de Montaya (deuxième personnage féminin surexploité), on en vient à regretter le regard "arrêté" des dessinateurs de l'époque. Deux poids, deux mesures, là c'est juste mal fait, les proportions du personnages sont tout autant irréalistes mais cette fois dans le mauvais sens. C'est un mélange d'homme et de femme, assez dérangeant, comme si le personnage avait le cul entre deux chaises. Heureusement qu'il n'ont pas touché aux formes de Catwoman....et merde, là encore, même si Catwoman est toujours blanche, elle est affublée d'un costume "mémérisant", heureusement qu'ils on gardé le bisous, que dis-je, le gros poutou avec notre batou adoré, ce qui sauve littéralement l'épisode. Je ne reviendrai pas non plus sur le changement de sexe du Pinguin (Oswalda xD) ou encore sur le fait que tous les personnages antipathiques sont des hommes blancs de 50 ans, à l'exception d'un flic ripou au teint légèrement halé. Mais bon inutile de nous acharner sur ces choix qui étaient prévisibles. D'ailleurs bien souvent , la critique va un peu trop loin, j'ai personnellement adoré la version noire de Jim Gordon ou Barbara, même si Jim Gordon est vraiment anecdotique dans cette version, à part sur un épisode ou on tente de l'assassiner (mais en fait non, la vraie cible était Barbara...). J'ai aussi aimé Alfred (et sa corpulence) et Harvey Dent même s'il meurt à la fin, comme le Double-Face de Nolan, sauf que dans cette version, on le réhabilite d'avantage. Son introduction était pas terrible, on nous le présente d'emblée comme un opportuniste qui flirte avec la malhonnêteté mais son évolution est intéressante et tout l'arc narratif entourant le personnage et qui constitue les derniers épisodes est clairement à la hauteur et sauve presque le show du flop. Malheureusement, il faut vraiment attendre la toute fin de la série pour que le scénario décolle et entre temps on se tape des méchants complètement anecdotiques comme cette espèce de Mercredi Adams à la sauce vampire, ou Gentlemen ghost, qui en plus introduisent de manière assez maladroite et précipitée le fantastique, la magie dans l'univers...
A des années lumières de Nolan et Matt Reeves (qui a pourtant participé au projet).
Pour résumer, Cette version du chevalier noir n'est pas une purge mais encore une fois le cahier des charges imposé à toutes les productions actuelles ternissent grandement l'intérêt.
On vide les personnages de leurs âmes et de leurs essences pour les remplacer par des versions alternatives inintéressantes qui servent juste à créer de la diversité au détriment de la qualité.
Quitte à faire un personnage asiatique, lesbien ou que sais-je encore, autant l'inventer de toute pièce, car en soit l'univers de Batman n'est pas incompatible avec ces thématiques, mais malheureusement ici, le trait est forcé, on coche des cases. Dommage.
La musique par contre est incroyable.
Review saison 2 : C'est bien meilleur en terme de rythme. On a un Joker qui se montre petit à petit au fil des épisodes, les méchants secondaires sont plus intéressants, on a Le Spectre qui donne lieu à un superbe épisode sur le pardon, une Firefly en scientifique dont on a détourné les travaux, c'est vraiment du caviar à ce niveau et on retrouve une nouvelle version mais fidèle de nos méchants favoris (Epouvantail). On a aussi quelques scènes sanglantes très bienvenues et la gestion des personnages est bien mieux fichues. Batman est de nouveau au centre des intrigues, les héros secondaires, Barbara, James, Montoya sont remis à leur place, ne bouffent pas l'écran. A cela s'ajoute une meilleure fluidité et chorégraphies générale, non c'est bien meilleur en tout point. Sauf Harley qui ne me plait pas, trop éloignée du Joker et de sa folie et Nigma qui n'a plus rien à voir avec le poseur d'énigme rusé, roublard de la série d'origine. 7/10