Je ne fais pas partie de ce genre de personne pour qui le changement d’ethnie d’un ou plusieurs personnages est un problème. James et Barbara Gordon qui deviennent afro américain ou Harleen Quizel qui est ici asiatique, je me dis que pour l’un c’était déjà le cas dans le dernier film, pour l’autre ça n’a finalement que peu d’incidence. Il en va de même pour les changements de sexualité, qu’un personnage à l’origine où d’apparence hétérosexuel devienne homosexuel, autant vous dire que je m’en moque complètement tant que ça ne devient pas un trait de caractère principal. Seulement ici on ne se contente pas de ça, puisque le personnage d’Harley Quinn devient maintenant indépendante du Joker (qui n’existe pas ici), ce n’est plus une pauvre fille sous l’emprise du clown le plus macabre de Gotham City, mais juste une psychiatre aux méthodes peu orthodoxes. Fini le fameux syndrome de Stockholm, ici Harley Quinn est amoureuse de l’agent Montoya, qui, parlons-en d’ailleurs, n’est plus vraiment l’agent Montoya, puisque elle est presque commissaire, tant c’est pratiquement le commissaire Gordon qui travaille pour elle et plus du tout le contraire. Et c’est ici que ça commence à me déranger puisque les personnages féminins (tous secondaires à l’origine, je le rappelle) commencent à prendre le dessus sur les autres protagonistes, pour unique raison leur sexe. Batman, quant à lui devient pratiquement secondaire de sa propre intrigue disparaissant parfois même durant un épisode entier laissant les trois amis Harleen, Barbara et Montoya s’occuper de l’affaire. Il est parfois même sauvé par l’une d’entre elles. Et je ne vous ai pas encore parlé du point le plus dérangeant de cette série, je veux bien sûr parler du fait que le pingouin soit devenu une femme. Oui, vous avez bien entendu, Oswald Coppelbot et devenu Oswalda. En tant que fan de Batman, je ne me sens pas respecté, l’univers de Gotham en règle générale dispose de suffisamment de personnages féminins profonds et intéressants à traiter pour laisser tranquilles des entités aussi mythiques que celle-ci.
Pour moi c’est un grand non ! Je n’ai rien d’un anti-woke, disons que je me revendique plutôt d’anti-connerie ou anti-manque de respect, si l’on part du principe qu’avec Bruce Timm aux commandes et une volonté de se rapprocher de l’esthétique de la première série de 92, il n’y fait aucun doute que ce show est bel et bien destiné aux fans de la première heure, aux nostalgiques, je ne vois pas comment cela pourrait convaincre qui que ce soit dans ce contexte. Pire, il semblerait que l’intention fut surtout de jouer avec ce que les fan boys idolâtrent, sans même essayer de faire passer cela sur le compte d’un éventuel univers alternatif. Réinventer, pourquoi pas, la série mère s’était déjà permis certaines choses à l’époque, mais « originalité » ne signifie pas forcément « bonne idée ».