"Les masques que nous portons, tout le monde, oui: enfin, c'est une métaphore, un symbole"
Difficile de retrouver l'essence du polar de Bernède, encore moins celle des fables de Machiavel et La Fontaine dans ce court feuilleton façon mini-série de l'été veine Dolmen ou Tramontane, transposée qu'elle est à notre époque et par un casting - Shirine Boutella, Aure Atika, Kad Merad - qui laisse d'emblée présager un fond de message dit décolonial.
Difficile aussi d'y retrouver le souffle de terreur qui agita les spectateurs de 1965 plus que ceux de 1927 ou de 2001, tant la recette n'est pas celle escomptée.
L'ensemble est pourtant bon et convaincant et, n'était quelques mollesses, par endroits, plutôt prenant. Cela grâce au fantastique qui jongle entre surnaturel et réel sans assumer pleinement ou l'un, comme dans le roman, ou l'autre, comme dans le film de Jean-Paul Salomé.
Exit donc le trésor des rois de France, le détective Chantecoq, pour ne garder qu'un Bellegarde qui n'est plus journaliste mais ex-flic traumatisé devenu gardien de la sécurité du Louvre (pour rappel, le code est "LOUVRE" ;) ) campé par un Vincent Elbaz un peu las, pas toujours inspiré et le passage secret, ici en pur clin d'œil inutile au roman de Bernède: on tourne plutôt autour d'un masque magique attribué au Dieu Baal confondu avec le titre Baa'l de Baa'l el Peor, qui sert d'ami imaginaire à l'héroïne, de rappel du bled et des exactions françaises en matière d'art. Plus proche du Mask de Loki du film avec Jim Carrey que de la statue prétexte du roman qui recèle malgré elle un trésor de la France éternelle dissimulé au Louvre lorsqu'il était encore un château.
Un bon petit feuilleton, donc, mais qui ne ravira pas ceux qui seront venus chercher Belphégor, puisqu'il n'y trouveront que le masque de Baal.