Grosse déception pour cette série dont j'attendais beaucoup (trop ?) de la part de Wong Kar-waï. Dès le début on est pris dans un tourbillon d'images (dont certaines paraissent de synthèse) et de dialogues bavards surjoués et hystérisés. Les personnages sont peu attachants, sans profondeur psychologique, caricaturaux et se révèlent assez vains, mais cette vanité finit par contaminer la série elle-même et la rend fatigante, terriblement fatigante pour le spectateur pris dans un climat d'agitation incessante. Tout se joue dans une même rue de Shanghai, ce qui constitue un parti pris intéressant, mais dont on ne voit jamais de plans élargis (budget de production ?) donnant l'impression que la rue en question est réduite à une simple scène de théâtre rétrécie et surpeuplée. Et s'il s'agit de rendre compte d'une fièvre de l'or qui s'empare d'une société jusque-là strictement communiste (ce qu'annonce le premier épisode), cette partie-là est quasi escamotée. Il existe certes, une réelle beauté des costumes, voire de certains décors, mais ça ne suffit pas.
Pour toutes ces raisons, l'ensemble est à la fois étouffant, frénétique, anecdotique, maniéré et saturé d'effets gratuits. On se prend à rêver de ce qu'un Coppola ou un Scorsese auraient pu faire d'une telle époque...
L'honnêteté me pousse à avouer que je n'ai tenu que quatre épisodes (sur les trente annoncés !)