C'est de nouveau un studio français (Blue Spirit) qui s'illustre sur une production Netflix, et propose une animation qui se différencie des carcans du genre. Dans le style d'un Arcane, on y trouve un chara-design en cel-shading, plutôt anguleux, animé en 3D, à la façon d'un Polygon Pictures, tout en gardant des lumières et textures propres à la 2D. Les environnements sont foisonnants et peints à la main, s'exprimant en couleurs dignes de tableaux. Et le contexte - le Japon du 17e siècle - est propice à ces paysages et villes pittoresques, qui sont magnifiquement dépeints. Les physiques caucasiens y sont honnis, d'où notre protagoniste traitée comme paria pour son apparence (peau blanche, yeux bleus). Elle traque son père biologique sans relâche pour se venger de cette condition sociale qu'il lui a imposée par égoïsme. Son parcours repose essentiellement sur les principes d'honneur du samouraï et de vindicte personnelle. Comme pour Pluto, les épisodes de près d'une heure peinent à conserver un rythme captivant tout du long.


Le ton est mature, et se ressent dans la mise en scène atmosphérique du récit. Les choix esthétiques et graphiques stylisés révèlent un studio regorgeant de ressources pour exprimer les idées du scénario et ses ambiances. On apprécie également l'attention portée à représenter les coutumes et traditions de l'époque, qui s'illustrent également à travers les sonorités Folk japonaises de la bande-son. Toutefois, on constate une tendance à mixer un peu trop d'ambiances différentes (notamment musicales), qui changent considérablement la cohésion tonale de l’œuvre, même si tout coïncide régulièrement en des séquences qui charcutent sauvagement et font couler le sang à profusion dans des chorégraphies fluides et vibrantes. Il y a une séquence d'infiltration qui fait très jeu de plates-formes, essentiellement en 3D avec de longs plans à 360° - une vraie démo technique. Néanmoins, le charme initial de l'animation disparaît parfois pour une rendu plus simple, moins texturé, surtout sur les derniers épisodes.

AntoineRA
7
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le 10 févr. 2024

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