J'avais déjà écrit tout le bien que je pense de la série "Thin Blue Light". Comme un docu scénarisé, j'avais suivi, avec délectation, à Malmö, cette brigade de police qui fait face à la crise migratoire, au Covid et aux incidents de tous les jours, dans un relationnel, interne ou externe, parfois complexe et sans complaisance, pour des personnages très attachants.
La transcription de ce "drama" à la version british utilise les mêmes codes.
La différence notable se situe dans le lieu choisi, Belfast. Une excellente idée qui accentue la tension, palpable à chaque sortie des "Blue Lights", surnom des voitures de police. Ici, les créateurs ont quasiment fait abstraction des relations positives avec la population pour concentrer leur scénario sur la violence latente de BELFAST, après des années de conflit et de plaies inguérissables. Cette incompréhension mutuelle reste haineuse entre Catholiques, (ex-pro IRA) majoritaires dans la ville, qui ont abandonnés leur démarche politique pour des activités plus illégalement lucratives et forces armées détachées d'Angleterre de confession protestante qui doivent cacher leur identité.
Dans "Blues Lights" la ligne scénaristique est plus nette que la version originale, exit les relations anecdotiques, puisque elle est basée sur une menace persistante... La série suit trois policiers débutants et leur tuteurs travaillant à Belfast et son écriture reste, principalement, axée sur les personnages. Mais l'intrigue joue aussi un rôle majeur ponctuée d'humour, sentiments et résilience. Pour "Blues lights" écrit noir sur blanc avec réflexion, tous les feux sont au vert et... les petits pois sont rouges.