Trop peu d'ambition pour Chicago
Gâchis. Ou comment résumer en un seul mot mon sentiment quant à la nouvelle série de Shawn Ryan.
Tout avait pourtant bien commencé : pilote très prometteur, une photo très réussie mettant en valeur la "Windy City" et un pitch original : une femme, noire, à la tête d'un département de police d'une des villes les plus corrompues des États-Unis.
Hélas, quelle petitesse de vue pour une série d'une telle ambition. À croire que le département de police de Chicago ne se résume qu'à deux detectives et au Superintendent. Nos deux super flics en goguette s'occupent de toutes les enquêtes, du meurtre à la prise d'otage tout en faisant tomber la corruption dans la ville. La Superintendent se déplace elle-même voir les flics infiltrés. Bref : petit bras et courte vue. On est loin de l'analyse structurante des processus à l'oeuvre dans une municipalité américaine telle que nous l'a présenté The Wire.
Le dernier épisode illustre parfaitement combien le scénario est étriqué : comment Teresa décide-t-elle de changer les radios du département de police ? Parce que son pote detective, toujours le même, est venu lui faire un petit speech dans le couloir "bouhou et si ma nièce se faisait tirer dessus"... Hop hop expédié en trois répliques vite-fait mal-fait.
On va me reprocher d'être obsédé par The Wire et m'objecter que l'on ne peut attendre de retrouver la même profondeur sociologique dans toutes les séries.
Dans ce cas, on ne prétend pas faire une série sur la corruption à Chicago avec un méchant aussi nuancé qu'un bad guy de Batman. On fait un cop show honnête, efficace, avec du bon character building. Southland ou Detroit 1-8-7 s'en tirent haut la main.