La série s’ouvre sur un meurtre spectaculaire : un magnat de la construction est retrouvé brûlé vif, suspendu à la façade de La Pedrera, l’un des chefs-d’œuvre de Gaudí. La série s’inscrit dans la tradition du thriller urbain classique.
Sur le fond comme sur la forme, c’est propre : rien n’est mauvais, mais rien n’est transcendant non plus. Au final, un bon thriller urbain, solide et bien produit.
La ville de Barcelone n’est pas un simple décor : elle est un personnage à part entière. Les œuvres de Gaudí sont intégrées à l’intrigue comme des indices vivants.
Les images d’archives sur la modernisation de la ville, les expropriations et la transformation urbaine apportent une dimension mémorielle intéressante. La série rappelle que derrière les grands projets, il y a eu des relocalisations contraintes et des fractures sociales durables.
Gentrification progressive, explosion des prix de l’immobilier, pression accrue sur les habitants historiques et transformation du tissu économique local au profit d’investisseurs et d’activités plus rentables.
Cette dynamique ne semble pas appartenir uniquement au passé. Aujourd’hui encore, certaines politiques urbaines présentées sous l’angle écologique (fermeture de routes, piétonnisation de quartiers, superblocs, végétalisation) améliorent indéniablement la qualité de vie et réduisent la pollution.
Mais, elles participent aussi à la hausse des loyers et à l'exode des personnes qui ne peuvent plus payer les loyers.
La série n’en fait pas une démonstration frontale, mais en replaçant les crimes dans cette mémoire urbaine conflictuelle, elle ouvre une réflexion plus large : moderniser une ville, l’embellir, la rendre plus verte et plus attractive… pour qui, exactement ?