Code Lyoko... la simple évocation de ces deux mots fait aussitôt resurgir d'extraordinaires souvenirs d'enfance.
Une bande d'adolescents ordinaires, qui au tout début ne se connaissent même pas, un super-ordinateur plus que louche, un programme malveillant et terriblement intelligent, un mode virtuel parallèle au nôtre accessible à volonté... quelle idée de GÉNIE !
Il fallait y penser, et ce sont des français qui l'ont fait ! Bon, passons la parenthèse chauvine à souhait, il faut reconnaître que des méninges se sont activées pour nous sortir cette série.
Code Lyoko, c'est un épisode original et attachant tous les soirs, en rentrant de l'école, en rangeant les cartes et les billes, après avoir dit "à demain !" aux copains, tout en dégustant en guise de goûter un morceau de fromage recouvert de doux miel, étalé sur le pain encore chaud du boulanger du quartier.
C'est la sécurité du foyer dont on n'aurait jamais du déménager, avec ses vieux meubles en bois.
C'est la formidable époque de l’insouciante enfance, où tout est possible et tout est extraordinaire.
Ce sont des personnages attachants, bien développés, profondément humains, avec leurs joies et problèmes, dans lesquels ont trouve un frère / une sœur ou un(e) ami(e) imaginaire, dont les racines de certains ne sont néanmoins pas assez développées.
C'est une transition entre l'innocence de l'enfance et le monde tumultueux de l'adolescence, avec le regard sur les choses qui change, le corps qui évolue.
Ce sont des aventures géniales, qui ne pourraient se produire dans la réalité. C'est d'ailleurs bien pour cela qu'elles se déroulent dans un univers virtuel.
C'est un scénario bien plus complexe qui n'y paraît, captivant, mystérieux, effrayant, qui nous surprend jusqu'à l'ultime saison, arrivée bien trop tôt.
Ce sont des références culturelles multiples, allant des plus grands scientifiques que ce monde ai connu aux mythologies celtiques / vikings, en passant par de l'histoire Antique, les sports de combat, la littérature de Science Fiction, le cinéma et même le théâtre classique. Franchement, fallait le faire !
C'est une série animée pour les plus jeunes qui a l'habileté d'aborder, sans choquer mais tout en faisant ressentir toutes les émotions auxquelles nous sommes sensibles, un panel de thématiques immense : les premiers amours, le monde du travail, les dangers du net, les arts, les dérives de la technologie, les traumatismes de l'enfance, le suicide (je déconne pas !), la trahison... je dois sans doute en oublier.
Si on peut reprocher une mécanique assez redondante à la série (vie de collégien - XANA fait des siennes - virtualisation pendant qu'un membre du groupe reste seul sur Terre pour se faire exploser la face - combats contre les monstres de XANA - désactivation juste à temps de la tour- vie de collégien...), alors que la fantastique (c'est peu dire) saison 4 m'a paru survolée, Code Lyoko a su se réinventer. L'introduction de nouveaux personnages, les nouveaux éléments concernant le mystère autour de XANA et de son créateur, la croissance visible des protagonistes, les nouveaux équipements, l'évolution du monde virtuel sont autant d'exemples d'initiatives visant à rafraîchir la série, à lui donner du neuf. Sur la fin, Code Lyoko se permet même de faire des "clins d’œil" à ses propres précédents épisodes. Pas étonnant, ni arrogant, pour une série qui aura autant été suivie et aimée en son temps.
Globalement, on prend dès le premier épisode (le pilote, long de 45 minutes et étant le seul épisode de toute la série à dépasser les 25 minutes conventionnelles) un réel plaisir à suivre ces aventures. On a envie de connaître la suite, on s'attache aux personnages et à leurs caractéristiques bien uniques. On souhaite résoudre les mystères de ce monde étrange qu'est Lyoko, en menant notre propre enquête dans notre coin.
En ce qui me concerne, le chevalier noir (les vrais comprendront) a été mon personnage préféré, et ceux alors même qu'il était encore bleu (dans tous les sens du terme)... un charisme monstrueux, une puissance incroyable, un style excellent, une personnalité dérangeante et (littéralement) possédée, un côté "Dark" comme j'aime tant... ce mec avait tout pour lui !
Bien sûr, j'ai aussi adoré Aelita, dont le seul nom fait encore aujourd'hui immédiatement référence à Code Lyoko, qui est un peu la clé de toute l'intrigue.
Dans Code Lyoko, on aimait l'originalité de la trame, la personnalité de chaque personnage, les thèmes variés abordés au fur et à mesure des épisodes, l'évolution et la complexité des relations humaines, les nouveautés saison après saison, les romances en sursis mais pourtant avouées avec les yeux (bien que ça puisse aussi être agaçant !!!), CE personnage particulier dans lequel on s'identifie, la diversité du monde de Lyoko, l'action, les émotions, les dialogues, le côté "French Touch" (qui ne vient pas de Tchécoslovaquie, celui-là..) omniprésent et fort agréable.
On apprécie moins les incohérences entre certains épisodes (parfois au sein du même), les (très) rares "erreurs de voix", les quelques graphismes foireux impromptus, les ratés et défaites prévisibles.
Mais, dans l'ensemble, Code Lyoko aura été une excellente série, attachante au possible. Nous pouvons même dire qu'elle a été une immense série jeunesse, avec ce goût qui lui était propre, et qu'on ne retrouve malheureusement pas. Elle a marqué mon enfance et ma génération. Elle s'est penchée sur énormément de thèmes possibles et envisageables lorsqu'on vise un public jeune et naïf. Dommage que la minable suite commerciale envisagée, Code Lyoko Evolution, ne soit qu'un échec cuisant, placide, ridicule et mal fait. Plus encore, quel dommage que la série ai du rendre l'âme si tôt, alors qu'elle avait tant d'adeptes, qu'il y avait encore tant à exploiter, que la saison 4 était si palpitante. Une saison 5 était plus que méritée, avec une fin savamment travaillée et non expédiée.
Merci MoonScoop, même si vous n'êtes plus, pour cette formidable création, qui a marqué son domaine et restera une référence absolue. Merci pour avoir crée Code Lyoko et donné à nos fins d'après-midi d'enfance une saveur si émouvante. Tous les dessins animés ne peuvent en dire autant.