... et il habite à Berlin ! Berlin non plus porte entre l’Est et l’Ouest mais porte entre eux et nous, porte des étoiles, porte entre moi et moi !
L’intrigue est celle de deux mondes parallèles qui se regardent en chiens de faïence, s’autorisant quelques rares « échanges » et où les transfuges sont des bombes à retardement. C’est extrêmement bien ficelé et les amateurs de mystères et d’espionnage ne seront pas déçus. Rien que pour cela, la série mériterait déjà un prix pour son suspens qui jamais ne se relâche, s’appuyant sur des situations de plus en plus complexe au fil des épisodes.
Mais ce n’est pas tout. Le jeu des acteurs, tout particulièrement celui de Simmons, est un régal. Dans un monde, son personnage est un chic type, complément effacé, à la vie monotone ; dans l’autre, c’est un sale type, au charisme destructeur et à la vie déjantée. Ici, c’est un gratte papier qui ignore tout de l’institution pour laquelle il travaille, là-bas il trône au dernier étage et se joue de sa hiérarchie et des règles.
Et puis, là où l’on sort du décor, c’est dans la mise en abime des identités. Qui est qui ? Quand une personne est remplacée par son « autre », ne devient-elle pas un peu plus que cette copie, paradoxalement originale, qui semble condamné à nier/tuer son « original » pour être soi ? Délirant !
Le choix de Berlin n’est pas non plus anodin. Souvenez-vous ce mur qui séparait le monde « libre » du bloc communiste. Ce mur condamné à s’effronder pour le meilleur et pour le pire, et dont la chute mettra fin à l’une (pas l’autre) des utopies les plus destructrices du siècle passé.
N’attendez pas, regardez cette série et laissez votre cerveau jouer avec l’intrigue et toutes les questions philosophiques qu’elle suggère. Le mieux que l’on puisse lui souhaiter, c’est de ne pas nous apporter trop de réponses !