Cranford, diffusé en 2007 sur la BBC fait partie de ces programmes de qualité que les britanniques savent offrir à leurs concitoyens et que les Français tentent, en vain, de recréer.
Non mais sincèrement, j'aime bien Maupassant mais la prochaine fois que je tombe sur un téléfilm de France 2, je descend manifester dans les rues...
Revenons à nos moutons, rien d'ultra révolutionnaire dans Cranford. C'est d'ailleurs le propos de la série et des nouvelles initiales d'Elizabeth Gaskell : une petite communauté villageoise rétive à tout progrès, ici l'arrivée du chemin de fer dans l'Angleterre des années 1840, vit ses derniers temps "ancestraux" loin de la révolution industrielle, même si Gaskell oblige, on parle souvent de Manchester.
Une Lady aristocratique refuse que ses domestiques puissent apprendre à lire parce qu'on ne mélange pas les torchons et les serviettes et s'opposent à son homme de main qui veut éduquer les masses populaires. Une vieille fille qui se veut garde des traditions s'adoucit quand sa jeune voisine décide d'assister à l'enterrement de sa soeur, ce qui ne s'est jamais fait à Cranford et Miss Matty décide d'accepter que sa bonne ait un fiancé et se marie.
Avec un tel tableau, on pourrait croire à un ennuyeux "bonnet drama" puisque les principales habitantes de Cranford forment un impressionnant gang de commères à la langue bien pendue, mais le changement est en marche avec l'arrivée au village d'un jeune médecin dont toutes les femmes tombent amoureuse et d'une jeune fille pleine de bonne volonté qui va les aider à vivre un peu plus en phase avec leur temps.
La série de 5 épisode est suivie par deux " christmas specials", tradition toute britanique, un peu en dessous de l'original, mais tout de même agréables à regarder.
Bref, Cranford n'est pas qu'une série pour les nostalgiques du temps qui passe. Thank god!