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le 18 sept. 2022
SuivreLove, Death and Cyber
"C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut" Fight club Cette citation est pour moi l'essence même de cette série. Je n’ai jamais joué au jeu “Cyberpunk” et je...
Avant de lancer Cyberpunk: Edgerunners, j'avais quelques réserves... Après avoir découvert l'univers du jeu, j'avais envie de retrouver cette ambiance si particulière de Night City, cette vision d'un futur où l'humain tente simplement de survivre au milieu des mégacorporations, des trafics et des petites combines quotidiennes.
Mais l'idée de retrouver cet univers sous la forme d'un anime me laissait assez dubitatif. Le chara-design très marqué, les expressions très exagérées et cette identité visuelle très "manga" me semblaient, au premier abord, assez éloignés de la froideur et de la brutalité que j'associais à Cyberpunk. Le premier épisode ne m'a d'ailleurs pas immédiatement convaincu. Les personnages me semblaient assez classiques et j'avais peur de retrouver une adaptation qui reprendrait seulement la surface de cet univers sans réellement comprendre ce qui fait son intérêt.
Et pourtant, la série a rapidement réussi à me faire changer d'avis.
Ce qui fonctionne particulièrement bien dans Edgerunners, c'est sa manière de retrouver l'essence même de Night City. On suit un petit groupe de mercenaires qui enchaîne les contrats, les missions plus ou moins légales et les petits arrangements pour essayer de gagner sa vie. Il y a finalement quelque chose de très proche d'un film de gangsters, des personnages qui avancent dans un monde où chacun essaie de tirer son épingle du jeu, avec ses propres règles et ses propres dangers.
La série aurait pu se contenter d'une succession de missions sans véritable direction, mais elle construit progressivement un véritable fil rouge. Derrière chaque contrat, chaque rencontre et chaque amélioration cybernétique, on sent une tension qui monte. Les personnages évoluent, leurs relations deviennent de plus en plus importantes et l'histoire prend une dimension beaucoup plus tragique qu'on aurait pu l'imaginer au départ.
Là où Edgerunners surprend également, c'est dans sa mise en scène. Certes, l'histoire suit une trajectoire assez prévisible et on comprend rapidement vers quelle direction elle souhaite aller. Mais la série compense largement par son rythme et son efficacité. Les scènes d'action sont frénétiques, extrêmement bien animées et possèdent une vraie énergie. Certains moments marquent justement parce qu'ils sont portés par une réalisation qui sait parfaitement utiliser les codes de l'animation japonaise.
C'est d'ailleurs là que se trouve mon principal point de débat avec la série.
Le côté très "manga" reste pour moi un élément difficile à totalement accepter. Je n'ai aucun problème avec l'animation japonaise en elle-même, mais j'ai parfois eu du mal à retrouver l'ambiance plus froide, réaliste et désespérée du jeu. Certains dialogues, certaines réactions des personnages ou certains choix de mise en scène donnent parfois l'impression de regarder un anime d'action classique plutôt qu'une plongée dans l'univers Cyberpunk.
Le combat final illustre assez bien cette sensation. C'est spectaculaire, impressionnant et parfaitement animé, mais on ressent parfois un écart avec ce que représente normalement cet univers. La démesure de certaines scènes tranche avec l'approche plus terre-à-terre et sociale du jeu.
Mais paradoxalement, c'est aussi ce qui fait la personnalité de la série.
Une adaptation plus proche du réalisme de Cyberpunk 2077 aurait peut-être davantage respecté l'ambiance originale, mais elle aurait probablement perdu une partie de son énergie. Le style choisi apporte une nervosité, une violence et un dynamisme qui correspondent finalement assez bien à la folie permanente de Night City.
C'est aussi ce qui rend la série intéressante dans sa manière d'aborder son public. Un joueur qui vient de Cyberpunk 2077 peut être surpris par cette version plus explosive et plus théâtrale de l'univers. À l'inverse, quelqu'un qui découvre Cyberpunk grâce à l'anime risque de trouver le jeu beaucoup plus sérieux, contemplatif et brutal dans sa façon de raconter son monde.
Au final, Edgerunners est une très belle surprise. Ce n'est pas forcément une adaptation parfaite de l'expérience que j'avais découverte dans le jeu, et son identité anime peut parfois créer une distance avec l'univers qu'elle adapte. Mais elle réussit quelque chose de beaucoup plus important : elle donne envie de retourner à Night City.
Elle prouve aussi que cet univers peut fonctionner sous différentes formes, avec différents tons, et qu'il ne repose pas uniquement sur ses néons ou ses implants, mais sur les histoires humaines qui se cachent derrière.
Une prise de risque réussie, qui aurait très facilement pu échouer, mais qui trouve finalement sa propre voix.
Créée
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