Dandelion
5.9
Dandelion

Anime (mangas) Netflix (2026)

Ce qui m’a le plus perturbé avec Dandelion, c’est à quel point j’y suis allé avec une curiosité sincère. En étant un grand fan de Hideaki Sorachi, difficile de ne pas tendre l’oreille quand un vieux projet ressurgit, surtout quand il arrive sur Netflix sous forme d’anime. D’autant plus que ce fameux one-shot du début des années 2000, je l’avais déjà lu à l’époque, et que j’en gardais un souvenir franchement mauvais. Une sorte de Bleach version humoristique, sans en avoir ni la force, ni le style, ni même l’identité.

Et malheureusement, cette adaptation ne vient absolument pas corriger ce premier ressenti.

Elle le confirme même assez violemment...


Dès le premier épisode, le constat est assez brutal. Les personnages manquent cruellement de charisme. Ils sont tous construits sur les mêmes bases, un peu fainéants, un peu bordéliques, vaguement farfelus, mais jamais vraiment distincts. On a simplement l’impression de voir des silhouettes différentes habillées avec des têtes génériques de manga.

Et c’est difficile à ignorer, même en étant indulgent. Parce que oui, même si j’adore Gintama, il faut reconnaître que le chara-design n’a jamais été son point fort. Ici, on est presque sur un cas d’école du manque de créativité.


Des visages interchangeables, des archétypes vus mille fois, au point de donner l’impression de feuilleter un manuel “apprendre à dessiner des mangas” acheté chez Cultura.


Mais encore une fois, si ça n’avait été que graphique, je serais passé au-dessus. Le vrai problème, c’est que cette absence de personnalité visuelle se retrouve aussi dans l’écriture. Qui sont ces personnages, au fond, à part des variantes du même tempérament mou et un peu absurde. Impossible de réellement s’y attacher, encore moins de les différencier. C’est là que la série s’effondre, parce que tout repose sur eux.


Le contexte en lui-même n’est pas particulièrement problématique. Des chasseurs d’esprits, des anges plus ou moins ambigus, des fantômes avec des regrets qu’il faut accompagner vers l’au-delà. Ce n’est pas original, mais pour une œuvre humoristique, ça peut largement suffire. Sauf que l’humour ne suit pas. Les blagues tombent souvent à plat, reposent sur des réactions un peu absurdes ou des remarques attendues, sans jamais vraiment surprendre. Là où Gintama brillait par son sens du timing, son absurdité maîtrisée et son inventivité, ici on sent surtout un manque d’expérience. Comme si on assistait à une version embryonnaire du talent de Sorachi.


Et pourtant, il y a un point qui m’a surpris. Les passages plus sérieux. Là où Gintama jouait constamment sur un équilibre très clair entre humour, action et drame, avec une domination évidente du comique, Dandelion tente parfois d’aller chercher autre chose. Et sur ces moments-là, il se passe quelque chose. Ce n’est jamais révolutionnaire, ça reste très simple, très convenu, avec ces histoires de fantômes hantés par leurs regrets, mais il y a parfois une petite justesse. Quelques dialogues, quelques situations qui fonctionnent. On sent une envie d’explorer des émotions plus sincères, et surtout une capacité à le faire. C’est modeste, mais ça existe.

Le problème, c’est que ça ne suffit absolument pas.


Parce que tout le reste est trop faible. L’histoire est prévisible de bout en bout. On voit venir chaque développement. Le désintérêt pour les personnages empêche toute implication émotionnelle. Leur passé, leurs enjeux, tout paraît basique. Et surtout, il y a ce flou constant autour de leur nature. Ils sont censés être différents des humains, mais tout dans leur comportement, leur quotidien, leur manière d’interagir, les rend identiques. À tel point qu’on finit par se demander ce qui les distingue réellement. Ce manque de clarté affaiblit encore plus l’ensemble, et rend même l’humour plus difficile à accepter.


Résultat, je me suis ennuyé.


Un ennui assez net, au point de ne pas vraiment suivre certains passages activement. Je me suis surpris à lancer les épisodes en faisant autre chose à côté. La seule chose qui m’a un peu retenu, c’est la version française, qui est plutôt bien travaillée, surtout pour ce type d’anime. Elle apporte un peu de rythme, un peu de vie, là où le reste peine à exister.

Mais entre un univers flou, des personnages sans relief, une animation assez cheap et un humour inefficace, il ne reste pas grand-chose. Et c’est frustrant, parce qu’on devine par moments ce que ça aurait pu devenir avec plus de maturité, plus d’audace, plus de travail.

L'auteur, fan de Bleach, pensait avoir un talent d'écriture et de dessin et c'était encore en gestation... Donc je ne sais vraiment pas pour cet anime a été produit, pourquoi ne pas avoir laisser ça dans les one shot oubliés et je ne sais vraiment pas à qui le recommander, si ce n'est aux fans de Sorachi, pour assouvir leurs curiosités.

KumaCreep
2
Écrit par

Créée

le 29 avr. 2026

Critique lue 76 fois

KumaCreep

Écrit par

Critique lue 76 fois

1
2

D'autres avis sur Dandelion

Dandelion

Dandelion

7

le-mad-dog

1722 critiques

Les glandeurs de l'au-delà.

Moi qui n'ai jamais ni vu, ni lu Gintama, au printemps 2026, je me suis intéressé à deux oeuvres de son auteur, Hideaki Sorachi. La première, c'est Class 2-B Hero Destroyer, son nouveau manga dans le...

le 6 juin 2026

Du même critique

L'École emportée

L'École emportée

9

KumaCreep

990 critiques

Mon manga d'horreur préféré!

Kazuo Umezu, si ce grand nom du manga trônant aux côtés d’un Osamu Tezuka ne vous dit rien, c’est avec joie que je serais votre guide. Cet immense artiste est au manga d’horreur ce que les Frères...

le 22 févr. 2018

Ōkami HD

Ōkami HD

3

KumaCreep

990 critiques

Le saint Okami ne m'aura pas conquit

J’ai pas tenu bien longtemps… Seulement 5h… Puis voici l’éternelle question, ais-je le droit de donner un avis car j’ai fait le choix de ne pas perdre encore 35h sur ce jeu? Je suis vraiment désolé,...

le 3 juin 2020

Regular Show

Regular Show

10

KumaCreep

990 critiques

Mordecai et Rigby, mes potes...

Y'a un truc que je trouve insupportable chez les gens de SensCritique... Je consomme beaucoup de produit culturel, donc je passe beaucoup de temps sur ce site et je lis aussi beaucoup de critique...

le 19 oct. 2018