Noob, The Guild, VGHS, Mythic Quest... les séries sur les jeux vidéo, leurs créateurs, leurs gamers se sont multipliés, souvent avec réussite. Dead Pixels fait une entrée fracassante dans le genre, et devient immédiatement l'une des meilleures sitcoms geek/gamer jamais produites. Elle se hisse à l'égal de Spaced, la sitcom culte réalisée par Edgar Wright auquel on pense souvent (les personnages et leur amour des jeux vidéo sont très proches).
A travers un pitch proche de The Guild (4 gamers jouent à un MMORPG tout en gérant au minimum cette étrange notion qu'est "la vie réelle"), Dead Pixels expédie missiles après missiles d'humour. Le créateur Jon Brown et le réalisateur Al Campbell sont des gamers finis, et s'emploient à célébrer autant qu'à pilonner sa communauté chérie. Dialogues explosifs, événements in-game WTF, bon goût mis en pièces, quêtes d'anthologie... Dead Pixels remplit frénétiquement chaque minute d'humour tornade, laissant le public pantelant mais ravi après une telle débauche de vitalité.
Les auteurs sont sans pitié envers les travers de la communauté gamer (sexisme, tendances sociopathes, concurrence déloyale, avidité, harcèlement...), et expédient des barils d'acide en continu. Mais Dead Pixels est avant tout un grand cri d'amour à une communauté souvent méconnue. La passion, le côté cathartique des jeux, la revendication de la réalité du jeu comme aussi importante que la "réalité réelle", l'apologie de l'imagination, du dépassement de soi... Tout gamer revendiqué pourra se retrouver dans cette série (ce le fut d'ailleurs pour moi).
Il n'est nul besoin d'aimer les jeux vidéo pour apprécier Dead Pixels. Le rythme infernal, les personnages bourrins, les storylines totalement jetées peuvent être appréciées par n'importe qui. Dead Pixels est bien l'une des meilleures sitcoms de ses dernières années.