Dead Set c’est un peu comme si The Walking Dead rencontrait Loft Story, avec une pincée de satire bien acide qui te fait réfléchir entre deux décapitations. Imagine un monde où des candidats enfermés dans une maison de télé-réalité sont les derniers à savoir que dehors, c’est le chaos total : les zombies ont envahi la Grande-Bretagne. La vraie question ? Qui est le plus mort à l’intérieur : les candidats lobotomisés par la célébrité ou les zombies enragés ?
L’intrigue commence de façon assez classique pour une télé-réalité : des candidats égocentriques enfermés dans la maison de Big Brother, coupés du monde, totalement inconscients de l’apocalypse qui fait rage à l’extérieur. Sauf qu’ici, au lieu des éliminations hebdomadaires, ce sont des zombies qui défoncent les portes pour te manger la cervelle. Le mélange de ces deux univers est à la fois grotesque et génial, créant un contraste frappant entre la vacuité de la vie sous les projecteurs et l’horreur brutale qui frappe à la porte.
Les personnages sont une belle brochette de caricatures de la télé-réalité : des candidats stéréotypés, des producteurs cyniques, et des techniciens blasés. Ils sont volontairement exagérés, souvent insupportables, mais c’est justement ça qui fonctionne. Leur superficialité face à une menace aussi terrifiante que les zombies crée une satire mordante sur l’obsession de la célébrité et la culture du voyeurisme. Tu te surprends même à te demander si, dans cette situation, être un zombie ne serait pas plus enviable que de participer à un tel show.
Kelly, l’une des rares héroïnes à garder la tête froide (dans tous les sens du terme), est au cœur de l’action. Assistante de production, elle se retrouve coincée avec les candidats et tente désespérément de leur faire comprendre que, non, ce n’est pas juste un mauvais scénario qu’ils jouent, mais bien la fin du monde. Le contraste entre Kelly, qui veut survivre à tout prix, et les autres, obsédés par leurs likes et leur apparence même au milieu d’une apocalypse, est souvent hilarant, mais aussi profondément déprimant.
Visuellement, Dead Set n’a rien à envier aux gros blockbusters de zombies. Les effets sont impressionnants pour une mini-série, et les zombies eux-mêmes sont du genre à te filer des cauchemars : rapides, brutaux, et assoiffés de sang. Pas de lenteur à la Romero ici, ces morts-vivants te courent après comme s’ils étaient sur le point de rater le dernier bus. L’action est sanglante, violente, et le gore est bien présent. Si tu es sensible à ce genre de scènes, prépare-toi à détourner les yeux plus d’une fois.
Mais au-delà du simple massacre de zombies, Dead Set se distingue par son message. Derrière la violence et l'horreur, il y a une critique sociale acerbe sur la société du spectacle et la télé-réalité, qui, même face à une apocalypse, continue de tourner comme si de rien n’était. Le producteur Patrick, cynique à souhait, est l’incarnation parfaite de cette folie médiatique : il est prêt à tout, même dans le chaos, pour continuer le show. Son refus de prendre la situation au sérieux et son obsession pour l’audimat donnent à la série un ton à la fois satirique et glaçant.
Cependant, Dead Set n’est pas sans défauts. Le format mini-série (cinq épisodes) fait que certaines intrigues sont un peu expédiées, et certains personnages manquent de développement. On n’a pas toujours le temps de s’attacher à eux avant qu’ils ne finissent dévorés ou zombifiés. Mais d’un autre côté, ce rythme rapide donne à la série une intensité constante, sans temps mort (sans mauvais jeu de mots).
En résumé, Dead Set est une série qui mélange habilement horreur et satire sociale, avec des zombies qui courent après ton cerveau, mais aussi une réflexion sur la vacuité de la télé-réalité et de la société du spectacle. Si tu aimes les histoires de zombies où la critique sociale est aussi tranchante que la hache que tu utilises pour te défendre, cette série est faite pour toi. C’est un cauchemar sanglant, mais aussi un miroir déformant de notre obsession pour la célébrité, même quand le monde part littéralement en morceaux.