1986, le monde entier, bloc communiste et bloc capitaliste, sont la main dans la main pour condamner fermement le terrible ainsi qu'évidemment raciste régime sud-africain de l'Apartheid à travers un boycott. De l'émotion pour le grand public que cette lutte des puissants pour une cause juste face à une injustice atroce... Euh, stop, ça, c'est la façade pour se faire bien voir à bon compte... En fait, le régime de l'Apartheid n'a pas suffisamment d'armes pour combattre les troupes de Mandela, mais a du pognon. La RDA a des armes, mais croule sous une dette colossale, devant notamment des tonnes de thunes à la RFA, Gorbatchev refusant de continuer à banquer. Conséquence, il faut absolument vendre des armes en Afrique du Sud, d'autant plus que cela ne gênerait pas les partisans de l'Apartheid d'aller s'adresser aux États-Unis et ces derniers n'auraient aucun complexe à leur en fournir... Pour régler cette situation vitale pour la sauvegarde de la glorieuse nation socialiste, on fait appel à Martin Rauch, dit "Colibri"...
Voilà, très schématiquement résumé le postulat de ce que l'on peut appeler une seconde saison ou du moins une suite de l'excellent Deutschland 83. On aura le droit aussi à un attentat terroriste des amis libyens, aux représailles qui s'ensuivent, à la guerre civile angolaise, au SIDA (bien évidemment, il n'y a pas de séropositifs en Allemagne de l'Est !) qui continue à faire des siennes, à Tchernobyl, etc.
Une plongée fascinante dans une époque si incroyablement lointaine, mais si incroyablement proche, avec un rythme d'enfer qui ne ralentit jamais. Autant dire, qu'on ne voit pas passer le temps devant cette série qui conjugue avec facilité moments intenses et dramatiques (je ne sais pas pourquoi, mais les geôles de la Stasi, ça ne donne pas envie !) avec une bonne pointe d'humour (mentions spéciales à Sylvester Groth, qui sous son air sérieux est comme un poisson dans l'eau dans ce registre, et à la rigidité est-allemande face au délire du Rocky Horror Picture Show !).
Les acteurs continuent d'être toujours au poil, on adore suivre leurs personnages, on a de la bombe (Sonja Gerhardt et la petite nouvelle Lavinia Wilson qui, en plus d'amener des présences charismatiques et intéressantes à l'ensemble, donnent envie d'immigrer au pays de Goethe !).
Il y aura une troisième et dernière saison ou série, comme vous le voulez. Elle se déroulera en 1989. Si je suis toujours là, je serai sans faute au rendez-vous.