Disclaimer est une série dont il serait aisé de voir deux épisodes, se dire que c'est un peu de la merde, qu'Alfonso Cuarón a vendu son âme au démon capitaliste, et d'en rester là. C'est d'ailleurs ce que j'ai failli faire, pas parce que c'était mauvais, mais parce que c'était juste correct et que j'ai mieux à faire de mon temps.
Et puis, je me suis ravisé. Ce ne sont que 7 épisodes, Cate Blanchett est aussi brillante qu'à son habitude, Sasha Baron Cohen sort de sa zone de confort et s'en tire étonnamment bien, et Leila George m'a donné très très chaud. Il y a aussi quelque chose dans l'ambiance qui m'a poussé à continuer, mais surtout dans l'élégante direction photo d'Emmanuel Lubezki (avec qui Cuarón avait déjà bossé pour 6 films, entre 1991 et 2013) qui nous sert de beaux plans dans des ambiances très contrastées, au fil d'un récit émaillé de flashbacks.
Il y a aussi des choses qui m'ont irrité du début à la fin, comme cette insupportable narratrice omnisciente, doublée par Indira Varma, qui passe la série à vous expliquer ce qui aurait gagné à n'être que montré ou suggéré. J'espère aussi ne jamais revoir Kévin Kline à l'écran, car je n'avais pas vu un tel cabotinage depuis Jérémy Irons dans Donjons & Dragons.
Disclaimer pourrait n'être qu'un thriller psychologique un peu érotique avec un joli casting et une réalisation chiadée, et j'aurais passé un moment acceptable en lui collant un 5, après lequel je n'y aurais jamais repensé. Sauf que son dernier épisode renverse la table et vous la balance au visage, donnant à la série une toute autre ampleur, que - naïvement, sans doute - je n'avais pas du tout vu venir. C'est la puissance de sa conclusion : elle justifie la plupart des défauts que je trouvais aux épisodes précédents, et mes incompréhensions lors de ce qui m'était apparu comme d'étranges égarements stylistiques.
Je suis donc bien content de ne pas avoir suivi mes impétueux instincts en arrêtant la série prématurément, car sa conclusion a laissé en moi une empreinte tenace, et l'envie de la revoir un de ces jours, pour l'apprécier d'une nouvelle manière : en portant attention à tous les petits détails et indices qu'Alfonso a patiemment semés un peu partout, ainsi qu'aux subtilités de la prestation de Cate Blanchett, qui montre une fois de plus qu'elle pourrait bien être l'actrice la plus talentueuse de sa génération.