Dominion
4.9
Dominion

Série SyFy (2014)

Quand des anges musclés débarquent pour l’apocalypse et que le ciel devient un terrain de drama

Dominion, c’est un peu comme si tu avais pris une bataille biblique, ajouté une dose de soap-opera dystopique, et tout enrobé dans un nuage d’ailes d’anges en CGI. C’est épique sur le papier, un peu moins dans l’exécution. Imagine des anges en colère qui décident de descendre sur Terre pour nous faire la leçon, mais au lieu de châtiments divins stylés, on se retrouve avec des intrigues de palais et des combats d’ailes… un peu déplumées.


La série est une suite directe du film Legion (oui, celui où Paul Bettany jouait un ange armé jusqu’aux dents). Sauf que cette fois, l’histoire se déroule dans un futur post-apocalyptique où les anges déchus ont décidé de faire de l’humanité leur punching-ball. Au milieu de tout ce chaos, Alex Lannen, un jeune soldat au look de bad boy (joué par Christopher Egan), est prophétisé comme le "Choisi" – parce qu’il fallait bien un Élu pour donner un peu de sens à tout ça, non ?


Si l’idée d’un monde post-apocalyptique où des anges et des humains s’affrontent te donne envie de sauter dans l’action, Dominion t’offre effectivement des combats, mais avec une exécution qui laisse parfois à désirer. Les scènes d’action et de combat ne manquent pas, mais elles sont souvent limitées par un budget effets spéciaux qui semble avoir pris un jour de congé. Les CGI ne font pas toujours honneur aux anges ailés et, à certains moments, tu te surprends à penser que les ailes en carton-pâte des années 90 auraient peut-être fait l’affaire.


Mais le vrai cœur de Dominion, ce sont ses intrigues politiques internes et ses luttes de pouvoir entre les factions humaines. On se retrouve avec une ville fortifiée, Vega, où les intrigues dignes d’un soap-opera prennent le dessus sur le chaos angélique qu’on espérait. Il y a des trahisons, des complots, des romances interdites, et des alliances changeantes, mais tout ça sonne un peu comme un Game of Thrones low-cost, avec des dialogues qui peinent parfois à être aussi profonds qu’ils voudraient. Plutôt que de nous plonger dans une lutte épique entre le bien et le mal, la série se perd dans des drames humains qui finissent par tourner en rond.


Côté personnages, Alex Lannen est le classique "héros à qui on n’a rien demandé" avec son lot de doutes existentiels et d’héroïsme forcé. Ce n’est pas qu’il soit détestable, mais il manque de charisme pour vraiment porter l’intrigue sur ses épaules. À ses côtés, on trouve Michael, l’archange au look de guerrier (joué par Tom Wisdom), qui essaie de protéger l’humanité tout en se demandant s’il ne va pas tout simplement tout laisser tomber. La dynamique entre Alex et Michael pourrait être l’un des points forts de la série, mais elle oscille entre mentorat forcé et rivalité vaguement intéressante, sans jamais vraiment décoller.


Et puis, il y a Gabriel, l’archange rebelle (joué par Carl Beukes), qui, soyons honnêtes, vole la vedette à chaque apparition. Son jeu est tellement démesuré et dramatique que tu te surprends à l’apprécier presque ironiquement. Gabriel, avec ses ambitions de destruction et ses monologues grandiloquents, est le méchant qu’on adore détester. Il injecte un peu d’énergie dans cette série qui en manque cruellement par moments.


Visuellement, Dominion essaye de rendre Vega, la cité humaine fortifiée, aussi imposante que possible avec son architecture futuriste et ses décombres apocalyptiques, mais le manque de moyens se fait parfois sentir. Le décor post-apocalyptique a ses bons moments, mais à d’autres, tu te demandes si tout ce monde n’a pas été bâti avec les décors recyclés d’autres séries de science-fiction.


Ce qui fait vraiment défaut à Dominion, c’est son manque de focus. Est-ce une série sur des anges déchus qui veulent anéantir l’humanité ? Ou une série sur des humains qui se battent entre eux pour du pouvoir politique, avec des ailes d’anges en toile de fond ? La série essaie de jongler entre ces deux tons sans jamais vraiment réussir à trouver son équilibre. Les enjeux célestes devraient être au cœur du récit, mais ils sont souvent relégués au second plan derrière des querelles de factions humaines qui ne suscitent pas autant d’intérêt qu’elles le devraient.


En résumé, Dominion avait le potentiel d’être une série épique sur une guerre céleste, mais elle se perd dans des intrigues de soap-opera dystopique, avec des anges qui n’ont pas toujours l’éclat divin qu’on attendait. Il y a des moments de fun, surtout grâce à Gabriel, et des scènes d’action qui, malgré leurs faiblesses, parviennent à maintenir l’intérêt. Mais dans l’ensemble, Dominion te laisse un peu sur ta faim, comme si tu attendais une apocalypse épique, mais que tu te retrouvais avec un drame familial ailé un peu trop sage.

CinephageAiguise
6

Créée

le 14 oct. 2024

Critique lue 10 fois

Critique lue 10 fois

D'autres avis sur Dominion

Dominion

Dominion

6

CritiqueOne2

778 critiques

Le Tatouage du Rayonnement d'un Gouvernement dans la Guerre des Anges.

Saison 1 (6/10) : Basé sur le film Légion, créé par Wilmott, réalisé en 2k sphérique avec un gros budget, c'est un échec. Dominion commence par la légende d'une guerre entre les anges et les hommes,...

le 18 févr. 2024

Dominion

Dominion

6

Nostradamousse

97 critiques

Critique basée uniquement sur le premier épisode

Prenons un mauvais film (Légion), adaptons le en série et qu'est ce que ca donne? Un truc qui m'a quand même bien fait marrer, ca pu la série nanard qui va me faire passer le temps cet été. 25 ans...

le 21 juin 2014

Dominion

Dominion

6

Nik-Pens

16 critiques

Dominion ou la promesse d'une bonne série fantastique

Dominion est l'adaptation en série du film Légion sortie dans nos salles le 24 mars 2010 réalisé par Scott Stewart. Le film, quoi qu'un peu moyen en raison d'un scénario pas très bien ficelé, et...

le 28 juil. 2014

Du même critique

L'Iris blanc - Astérix, tome 40

L'Iris blanc - Astérix, tome 40

7

CinephageAiguise

2468 critiques

Peace, amour et baffes gauloises

Astérix, c’est un peu comme un banquet chez Abraracourcix : on y revient toujours avec plaisir, même si parfois le sanglier est un peu moins savoureux que d’habitude. Avec L’Iris Blanc, Fabcaro prend...

le 31 janv. 2025

Histoire du Chevalier des Grieux et de Manon Lescaut

Histoire du Chevalier des Grieux et de Manon Lescaut

7

CinephageAiguise

2468 critiques

Ou comment ruiner sa vie en trois décisions stupides

Si tu pensais que les grandes histoires d’amour du XVIIIe siècle étaient toutes romantiques et pleines de sagesse, l’Abbé Prévost est là pour te prouver que non, on peut aussi écrire un best-seller...

le 27 févr. 2025

Les Misérables

Les Misérables

8

CinephageAiguise

2468 critiques

Entre grandeur, misère et digressions XXL

Si tu pensais que les classiques du XIXe siècle étaient juste de belles histoires d’amour contrariées, Les Misérables de Victor Hugo est là pour te rappeler qu’on peut aussi écrire un pavé où se...

le 19 févr. 2025