Incompréhensible.
"Un étudiant emménage dans la même maison partagée que Lee Doo-Na, une idole séduisante ayant pris une retraite anticipée."
J'ai plus envie de rire que de pleurer d'émotion à la lecture de cette présentation. Pourtant, cette série m'a littéralement subjugué.
Lee Jeong-hyo a décidé de prendre le contrepied du webtoon "the girl downstairs" dont Doona est tirée, pour en faire une oeuvre initiatique sublime.
On assiste à l'évolution des rapports entre les deux personnages, la montée en puissance d'une Doona, pitoyable en début de série pour culminer à la fin en femme décidée à prendre en main sa vie de façon autoritaire.
Car cette série montre bien l'érection d'une femme forte, fidèle en amitié et en amour, qui fait des choix et les assume non sans grandeur.
Tout est beau, tout est mesuré, le showrunner s'est affranchi du format traditionnel en 16 épisodes (20 heures) pour garder l'essence du Kdrama condensé sur 9 épisodes (8 heures). Les histoires des personnages secondaires sont résumées à l'extrême pour interroger celle des deux protagonistes, l'antagoniste est réduit à sa seule fonction d'obstacle entre les deux héros, les dialogues sont minimalistes, les plans sont serrés voire très serrés, la priorité est donnée aux silences, aux détails, aux musiques et aux chansons. Il n'y a qu'eux. Et nous.
Les choix de réalisation peuvent surprendre voire déranger, mais, si on accepte de jouer le jeu qui nous est proposé, si on y prête bien attention, si on écoute les paroles des chansons, et qu'on prend la peine de regarder les génériques, on a un vrai sentiment de plénitude et de révélation à la toute fin de la série.
Par un pur hasard, cette série est mon premier Kdrama. J'ai attendu presque un an pour en faire la critique. Et encore, je trouve que je suis maladroit. J'en ai vu, depuis, une bonne vingtaine, pour mesurer le travail de Lee Jeong-hyo à l'aune des autres productions (et des siennes - je n'ai pas aimé Crash landing on you) et ce temps passé n'a fait que confirmer l'extraordinaireté de cette série qui m'avait frappé la première fois. Je viens de la revoir, une deuxième fois, on sait jamais...
Bon, ben j'ai pas changé d'avis: Lee Jeong-hyo a fait du pitch le plus ridicule qui soit, la plus belle histoire d'amour qui m'ait été donnée de voir ces dernières années.