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L'image populaire du médecin renvoie à un être sage et savant, qui possède une éthique à la hauteur de ses responsabilités (on ne badine pas avec la vie d'autrui) lui garantissant le respect et la confiance des patients. Si son savoir peut effrayer (en savoir autant sur la vie implique en savoir beaucoup sur la mort) il a souvent un caractère noble et bienveillant, ce qui lui offre une place de choix dans l'échelle sociale. Il y a une certaine admiration pour le médecin de la part de ses semblables : il est à la fois le symbole d'une certaine réussite (l'argent mais surtout l'investissement dans des études longues et compliquées) et d'un certain idéal (vivre pour aider son prochain, sauver des vies, accomplir des prodiges).

Mais que se passe t'il quand le médecin est méchant ? Pas en privée mais dans le cadre de ses fonction. Que se passe t'il quand le médecin ne considère pas le patient comme un être humain ? Que se passe t'il quand l'exercice de la médecine se fait sans compassion ?

"Dr House" est la série qui répond à ces questions. Afin de sortir du canevas habituel des séries médicales David Shore décide de changer le seul élément qu'on ne changeait pas (ou si peu) : le médecin. Au revoir donc le médecin attentionné, compréhensif et dévoué et bienvenue au médecin misanthrope, imbu de lui même et un peu connard sur les bords.
Une idée toute simple mai qui fonctionne parfaitement.
Hugh Laurie incarne donc ce médecin pas comme les autres et il s'en donne à coeur joie : tics faciaux, gestuelle envahissante, mimiques cartoonesques, énergie de tous les instants.
C'est alors un vrai bonheur de voir notre bon docteur déballer ses quatre vérités à un patient sans aucun ménagement, de se moquer de leurs croyances ou des stéréotypes ethniques de ses interlocuteurs. Greg House est un personnage très intelligent et il le sait et ne se prive pas pour le faire savoir. Un côté tête-à-claque parfaitement assumé et qui passe tout seul car il a également beaucoup d'humour, même si c'est au dépends de ses semblables. Les dialogues sont souvent de vrais perles de vacheries et le côté espiègle du personnage fait qu'on s'attache très vite à cet odieux personnage.

Mais sous ses airs d'enfoiré il reste passionné par ce qu'il fait et surtout d'une efficacité redoutable.
Les principaux ressorts de la série reposent sur le côté loufoque de sa pratique de la médecine, les cas sont construits comme des énigmes et s'ils ne sont pas d'une crédibilité médicale absolue (doux euphémisme) ils sont haletant et riche en rebondissement. La construction des épisodes tient d'avantage de la série policière déguisée et House est en fait un décalque en blouse blanche de Holmes, Sherlock Holmes. Des mécanismes originaux pour un cadre comme celui de l'hôpital et qui confère à la série ce charme particuliers qu'on ne retrouve pas dans les autres séries dites "médicales".
Prêt à tout pour sauver ses patients, surtout quand c'est déraisonnable, on assiste à des opérations et protocoles complètement fous offrant souvent des situations drôles et décalées.

La série s'appelle "Dr House", Gregory House est donc au centre du show. Plus que le centre il en est la colonne vertébrale, sans lui le show perdrait la moitié de son intérêt (si ce n'est plus).
Les personnages secondaires sont d'un intérêt aléatoires, la MILF patronne pour l'ambiguïté amoureuse dont on se contre-fout, une équipe à moitié inutile (Cependant le combat de Foreman contre lui même pour ne pas devenir comme House reste l'arc narratif le plus intéressant de la série) et un meilleur ami qui est forcément un altruiste convaincu pour former un duo comique sympathique en mode yin et yang.

Il y a aussi les patients, dont la consistance varie selon l'épisode mais permettent souvent de confronter le cynisme apparent de House avec la dimension humaine des situations qu'il croise : le rôle social, les implications judéo-chrétiennes, l'importance du regard des autres, le sens du sacrifice, le déni, la peur de la mort, etc...
Si les cas sont inventifs ils restent cependant accrocher à une structure immuable pour 90% des épisodes :

On impose un cas à House qui n'en veut pas, il accepte à cause d'un détail, discussion de l'équipe, essai, ça marche pas, re-essai, ça empire, re-essai, ça marche puis en fait ça le propulse au bord de la mort, House est contrarié, il fait complètement autre chose et d'un coup lui vient une idée saugrenue, il l'essaye, ça marche, fin de l'épisode.

Une structure procédurale qui pourra vraiment lasser tant les réalisateurs ne font pas d'efforts pour la camoufler. D'ailleurs il est assez révélateur de remarquer que les épisodes les plus marquants sont ceux qui échappent à ce carcan.
Dans la plus grande tradition de l'écriture procédurale on peut ainsi suivre les épisodes dans n'importe quel ordre sans être pénalisé.
Afin de fidéliser un minimum le client les scénariste essayent quand même d'instiller des fils rouges, plus ou moins ténus.
Ces derniers sont souvent ramassés dans les 2/3 derniers épisodes de saisons (tous incroyablement efficaces d'ailleurs) afin d'offrir le cliffhanger qui tue et sur les 2/3 premiers épisodes de saisons histoire de le résoudre. Au milieu il n'y a que peu de développement... quand ce n'est pas carrément la crise d'amnésie générale. House est plus ou moins responsable de la mort d'un personnage important ? Ok on en parle 4 épisodes puis c'est finit... pour revenir en fin de saison soit 16 épisodes plus tard. Au milieu ? Malheureusement de plus en plus de remplissage.
Comme il n'y a pas tant de maladie que ça et que même un sujet aussi vaste (et profond) que les blagues sexistes peu s'épuiser la série à une fâcheuse tendance à tourner en rond.

C'était déjà le cas au bout de la saison 3, sympathique mais vraiment redondante. Heureusement la grève des scénaristes de 2007 oblige la production à raccourcir la saison 4 et à se sortir un peu les doigts pour renouveler la formule. La saison 4 est ainsi la plus feuilletonnante jusqu'à maintenant avec un aspect télé-réalité rigolo (un casting de médecin où House élimine des candidats à chaque épisode ou presque) et original.
Malheureusement dès la saison 5 on retombe dans la routine : 90 % de cas qui se déroulent de la même façon et quelques fulgurances qui font encore illusion (le double épisode en début de saison 6 par exemple).
Mais la formule lasse, elle lasse d'autant plus que les pires choix sont fait : on rajoute des personnages insupportables (Lucas pour ne pas le citer) et on tente d'humaniser House à grand coup de mièvrerie. Au fil de ce processus le personnage perd un peu de ce qui faisait sa particularité. La septième saison arrive à relancer la machine in extremis, un tour de force appréciable après 2 saisons bien mornes, les scénaristes en ont encore sous le pied, ouf.

Gregory House reste un personnage marquant du paysage audiovisuel récent, un grand connard égoïste comme on les aime et qui a offert d'excellents moments. Un maître vanneur comme on en voit peu. Le vrai soucis de Dr. House est son format : une vingtaine d'épisodes par saison, c'est trop. Il y a trop de remplissage, trop de répétitions.
En vieillissant ce bon vieux Greg House s'est fait rattrapé par le système, comme beaucoup. Il passe par beaucoup de moments embarrassants et dispensables mais les éclairs de génie injectés à intervalles réguliers permettent de maintenir le show à flot, mais pour combien de temps ?
A l'aube de la huitième et ultime saison la question se pose encore.
Dr House
Bidontavu
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Dr House

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