Si En place était un meeting politique, ce serait un stand-up improvisé devant l’Assemblée nationale, avec un micro en main, une casquette sur la tête et un programme électoral écrit sur un coin de nappe.
Le pitch ? Stéphane Blé, éducateur de banlieue un peu grande gueule mais très sincère, devient par accident candidat à la présidentielle. Oui, littéralement par accident. Genre “tiens prends le micro deux minutes”, et boum, présidentiable.
À ses côtés, une équipe improbable, des communicants cyniques, et une France divisée entre “on tente un truc” et “ça va trop loin, là.”
C’est du Youssef Salem rencontre Veep à la sauce barbecue sauce 93, avec une grosse couche de satire sociale bien visible… et parfois un peu à la truelle.
La série tape large :
– Les médias,
– La classe politique,
– Les extrêmes,
– Le racisme latent,
– Et la com’ politique moderne, où tout se joue à une punchline près.
Jean-Pascal Zadi est évidemment au centre du jeu, avec son phrasé inimitable entre déconne assumée et engagement sous-jacent.
– Il balance des vannes,
– Il expose des vérités,
– Et il passe du gars du quartier au futur président sans jamais enlever sa parka.
On y croit… même quand le scénario a du mal à choisir entre parodie mordante et feel-good à gros sabots.
Visuellement ?
– Propre, efficace, mais sans éclats.
– L’esthétique est télé, parfois un peu plate,
– Mais l’énergie vient surtout du casting et des dialogues qui visent la punchline avant la profondeur.
Le vrai hic, c’est que la série semble hésiter entre vraie satire corrosive et comédie populaire accessible.
– Du coup, certaines scènes tombent un peu à plat,
– D’autres sont brillantes… mais trop rares,
– Et l’ensemble donne un goût de “bon début, mais peut mieux faire.”
Au final, En place c’est une série qui veut réveiller la politique à coups de vannes bien senties,
qui assume son côté "on n’est pas d’accord, mais on rigole quand même",
et qui aurait mérité de pousser son délire un peu plus loin… ou un peu plus profond.
Pas une révolution, mais un bon coup de klaxon dans un paysage audiovisuel trop souvent en pilote automatique.