Auréolé du succès de Tout simplement noir, ou du moins, s'étant fait depuis lors une réputation de loufoquerie gentille, servi par un grand corps propice aux contorsions, Jean-Pascal Zadi se voit confier les manettes d'une série Netflix, dont il est à la fois le réal et l'acteur principal.
Je dirai rapidement, en deux mots, ce que j'en ai pensé :
- première saison sympa — ambiance cocasse, discours un peu boy scout sur le thème "la banlieue mérite mieux que des clichés", et un postulat amusant : le personnage de Zadi, Stéphane Blé, devient un improbable candidat à la présidentielle ;
- saison deux poussive : on rit moins, Blé a remporté l'élection, et sans quitter son image de banlieusard un peu naïf, occupe une fonction éminente — qui apparemment, ne l'occupe pas beaucoup puisqu'on ne le voit jamais ne serait-ce que signer un parapheur.
Je n'ai pas le cœur à débusquer les petites incohérences, ou les vraies insuffisances de la série, mais au risque de me répéter, la saison 2 est nettement moins travaillée, et ça se sent.
Ce qui a suscité ma curiosité, et poussé à regarder cette série était la suivante : sera-t-elle, dans la veine du film, l'histoire d'un gars sympathique et un peu clownesque qui souligne, faussement naïf, les travers de son époque ? Une pochade dénonçant au passage le racisme, les préjugés qui mettent au défi le "vivre-ensemble" ?
Je ne peux pas dire que j'ai été déçu, on sait tout de suite que l'on s'oriente plus vers une série entre potes — au passage, Zadi peut confier des rôles centraux à Poelvoorde, Éric Judor ou Marina Foïs, et faire venir Alain Chabat, Raphaël Quenard en caméo : ça fait beaucoup de potes —, mais livre en fin de compte une œuvre un peu simplette et qui ne dérange personne.
Un certain manque d'imagination, des facilités scénaristiques grèvent une série se ramenant à une fable un peu paresseuse autour du thème "la banlieue a beaucoup à apporter au pays". Pour étayer un tel propos, il faudrait un peu plus d'audace, ne serait-ce qu'en exploitant par exemple les ressorts comiques du contraste : un thème tout trouvé, l'inadéquation des comportements du brave-gars-arrivé-là-un-peu-par-hasard dans l'univers corseté de la vie politique française, n'est par exemple absolument pas exploité.
Bon, je vais m'arrêter là, il n'y a pas grand-chose à dire finalement : sitôt vu, sitôt oublié je pense.