Peut être faut-il être un croyant comme moi pour m'être passionné pour cette série. Croire, mais alors en quelle mythologie ? Indubitablement celle que nous serions structurés autour d'un archétype du lien avec le père et la mère depuis notre enfance. Qu'il faudrait se pencher sur ce berceau infantile pour se sortir du pire.
Peut être aussi parce qu'il n'y aurait rien de mieux qu'une série pour parler psychanalyse. Ce format fictionnel est une vague qui nous submerge notamment parce qu'il a su renouveler l'incarnation du suspense. Et "En thérapie" ne vit que du suspense. Celui entretenu par un quatuor d'entretiens-enquêtes, eux même en échos avec une cinquième, celle de la psyché du psy-enquêteur. Pris dans cette valse, l'on s'enfonce de récit en récit dans un mille-feuille de secrets intimes toujours plus terribles.
On pourrait s'y perdre comme dans un polar vertigineux (voir Le grand sommeil) mais justement non. Le tourbillon de joutes verbales est aussi précis que respectueux pour ceux qui portent leur histoire. Chaque détail, chaque attention ou silence compte profondément. C'est un art de l'échange qui nous est conté ici et c'est peut être aussi par son attention extrême aux hommes et aux mots qui les traversent que l'on peut être simplement mais indéfectiblement emporté par En thérapie.