Quand on ose faire la suite d'une des séries d'animations japonaises les plus réussies des années 2000, on prend le risque de saboter le message, les attentes remplies et autres ambitions des créateurs de la série originale.
C'est donc avec une excitation forte que j'oscillais entre le fanatisme de bas étage et le plaisir de la découverte lors de mon visionnage.
On est vite appelé à se poser des questions poussées sur le background de la série (l'éventuelle véritable nature d'Ao, les raisons de la disparition de sa mère, l'origine du scab coral, le rôle de ce dernier, etc...). Tout l'intérêt de cette série étant au final de savoir s'il s'agit d'une relecture, d'une suite scénaristique, ou d'une alternative à la trame et l'histoire de Eureka Seven.
La réponse étant l'origine de beaucoup de chose au sein même de l'univers dépeint, pas question pour moi de révéler quoi que ce soit mais d'apprécier la maturité de la conclusion.
Faussement acidulée par une musique électro-pop parfois répétitive, également portée par un thème musical récurrent marquant la dramaturgie de la série. Calque légèrement accéléré de l'originale et profitant de cela pour ajouter un antagoniste plus proche de l'ombre du héros que d'un reflet assombri, on trouve alors des éléments de satisfaction propre à sa trame.
Il faut prendre AO comme le complément un peu tardif d'Eureka Seven, pas optionnelle mais nécessitant de facto son propre développement (et ses longueurs inhérentes) en tant que série.
Elle donne une vision approfondie de l'histoire originale avec ce personnage, Ao, fruit d'un destin marqué par le sacrifice, l'amour, mais surtout la beauté de la vie et son sens des contradictions.