Il y a des séries qui devraient savoir s’arrêter après une ou deux saisons. Après les deux premières, magistrales, j’ai longtemps cru que Fauda en faisait partie.
Car les troisième et quatrième saisons sombrent peu à peu, entraînant leurs personnages dans leurs propres caricatures. Et comme on parle d’Israël et de la Palestine, cette simplification n’a rien d’anodin.
Pour résumer l’évolution :
● Saisons 1 et 2 : les services israéliens contre le Hamas.
● Saison 3 : les Israéliens contre d’autres terroristes palestiniens.
● Saison 4 : les Juifs contre les Arabes…
À ce rythme-là, je craignais que la cinquième saison nous propose Hulk contre Goldorak. Mais non : miracle ! Fauda retrouve enfin ce qui faisait sa force — de la subtilité, des hésitations et de véritables dilemmes moraux au cœur de l’action.
Bien sûr, les événements du 7 Octobre sont passés par là, et l’affrontement reste celui des services israéliens contre des terroristes palestiniens. Mais cette fois, la série retrouve une certaine nuance de part et d’autre. Elle ne nous dicte plus mécaniquement qui aimer ou qui haïr et parvient même à humaniser ses « méchants » sans pour autant les absoudre.
Finalement, la caricature aura simplement changé de camp. On la retrouve chez certains journalistes, comme celui de Libération, qui a choisi de titrer : « Avec Fauda, Netflix fait le Tsahal boulot. » Une formule brillante, peut-être. Une critique fidèle à cette cinquième saison, beaucoup moins.