On sent toujours, dans les réalisations d'Igor Gotesman, l'envie de faire une œuvre culte avant l'heure. Que ce soit Five, Family Business ou, dans le cas présent, Fiasco, il y a cette volonté manifeste de pondre un peu l'équivalent de ce qu'a été Mission Cléopâtre pour ma génération. Et, pour ça, on met les grands moyens : de la vanne à gogo, des répliques clairement pensées pour devenir cultes, des scènes toutes plus barrées les unes que les autres.

Sauf que, premièrement, ça se voit un peu trop et, deuxièmement, ça marche pas.

C'est même très lourd. En fait, la série multiplie les poncifs et les situations "comiques" ultra forcées : la palme revenant à cette scène, dans le premier épisode, où Raphaël, le réalisateur du film, fait un discours pour rappeler à son équipe de tournage qui est le patron et finit, sans qu'on sache trop pourquoi, à déraper complètement en parlant des "gougouttes" de son actrice principale. On y croit pas une seule seconde - c'est censé être une "maladresse" dû au stress... genre la maladresse te fait dire ça bref ça n'a aucun sens - et tout respire, dans cette courte séquence, la tentative peu subtile d'arracher un rire aux spectateurs en capitalisant sur les talents d'impro de Pierre Niney. Et tout est à l'image de cette scène.

C'est un peu la leçon à tirer de toutes les séries comiques portées par la bande Niney-Civil-Cohen-Gotesman (type Le Flambeau) : l'humour, c'est drôle mais ça doit aussi être pris au sérieux. Si le Astérix de Chabat donne, en apparence, l'impression de ne rien prendre au sérieux en cassant les codes, en brisant le quatrième mur, c'est parce qu'à côté de ça il développe son univers et les enjeux de son histoire avec sérieux.

Et petites remarques : dans toutes ces séries qui misent sur un acteur-star censées être le top niveau humour, c'est un personnage secondaire, plus en retrait mais mieux amenés, qui fait le taf : ici c'est clairement le personnage de producteur joué par Pascal Demolon, sorte de boomer largué et naïf (et dans Family Business, il n'y a qu'une vraie révélation : Louise Coldefy).

Créée

le 22 août 2024

Critique lue 23 fois

Fiasco

Fiasco

8

Jack-is-Back

le 1 mai 2024

Suivre

méga méta format

Circonspect au premier épisode, j'ai hésité à poursuivre. Tout sentait le cabotinage excessif de NINEY, le resucé de La flamme et du Flambeau et leur humour souvent facile, sauvé par un joli...

Fiasco

Fiasco

3

Aude_L

le 2 mai 2024

Suivre

The No-ffice

Un faux documentaire sur une équipe de tournage qui enchaîne les galères (dont un saboteur mystérieux), avec un patron un peu bébête qui tente vanne nulle sur vanne nulle, des apartés "coulisse" des...

Fiasco

Fiasco

2

_ni_

le 2 mai 2024

Suivre

Critique de Fiasco par _ni_

J'ai pas réussi à aller au delà du deuxième épisode... Les histoires de galériens qui ne font que les mauvais choix, dans un malaise beaucoup trop dérangeant, ce n'est pas pour moi, ça ne m'a...

Le Vent se lève

Le Vent se lève

9

Pierre-Yves_Georges

le 4 juin 2015

Suivre

Le biopic d'un rêveur... (Spoilers.)

Le vent se lève est un film particulier, d'abord parce qu'il clôt la carrière d'Hayao Miyazaki, ensuite parce que sur le fond comme sur la forme, ce film n'est pas dans la droite lignée des films du...

Birdman

Birdman

8

Pierre-Yves_Georges

le 25 févr. 2015

Suivre

Le masque qui colle à la peau

L'histoire d'un rôle qui tue une carrière, d'un masque qui cache un visage... Voilà en gros le topo de Birdman d'Alejandro González Inárritu, et qui est l'acteur ? Je vous le donne en mille, Michael...

L'Amour ouf

L'Amour ouf

5

Pierre-Yves_Georges

le 9 nov. 2024

Suivre

François Civil, loubard convaincant mais dans le XVIe

En une phrase, L'Amour ouf, "c'est un film de prouveur" (je cite ma copine qui, je pense, a à peu près tout dit). 2h40 de film sur une histoire d'amour entre deux adolescents, une séquence de comédie...