Que dire des deux premières saisons de **Flashback** ? La série partait d’une idée solide, presque séduisante : une adaptation française de **Life on Mars**, avec ce qu’il faut de décalage temporel, d’ambiance et de promesse narrative. Mais très vite, elle se sabote elle-même en accumulant les incohérences et les raccourcis._
La saison 1 tenait encore debout grâce à un vrai contraste entre ses personnages et son époque. La saison 2, en revanche, casse cette dynamique. Le smartphone d’Eliza devient une béquille scénaristique de trop : elle fait fonctionner l’IA de son téléphone, parvient à l’utiliser grâce à une documentation qu’elle aurait, par “miracle”, accumulée en e-book, et la série demande au spectateur d’y croire sans discuter. À ce stade, on n’est plus dans le voyage temporel, mais dans l’absurde pratique.
Ce n’est plus une évolution du récit, c’est un contournement permanent de ses propres règles. Les scénaristes ont fini par tuer Tchekhov, c’est-à-dire le cœur même de la série : tout ce qui faisait sa tension, sa logique interne, son enjeu dramatique. Dès lors, une saison 3 ne serait plus une relance, mais une redite inutile, obsolète, presque ridicule, faute de vrai enjeu à défendre.
Le plus frustrant, c’est que la série conserve par endroits une reconstitution crédible et quelques idées de départ intéressantes. Mais à force de trahir sa mécanique, elle épuise sa propre promesse. **Flashback** finit moins en série de SF qu’en démonstration de ce qu’il ne faut pas faire quand on prétend construire une intrigue temporelle.