Cette série à la fois originale par son concept (du moins comparé au paysage polar français) et banale dans ses enquêtes, s'est laissée regarder, alors que je m'attendais au pire.
Mais son principal défaut tient dans l'erreur d'époque. On nous vend du 1994, et dès les premières minutes (et sur l'affiche), on se croirait plutôt immergés dans un gros mélange maladroit de clichés des années 1980 (voir 1970), tant pour l'ambiance glauque des rues de Lyon (quel gâchis), que pour le décalage grossier et parfois insupportable de générations.
Là où je m'attendais à voir mes parents dans leur jeunesse et retrouver mes souvenirs d'ado, j'ai surtout eu le sentiment d'avoir mal réglé la machine à remonter dans le temps... pour échouer quelque part entre la fin des années 1960 et le milieu des années 1980, avec des blousons cuirs, des Golf cab première génération, et rien qui nous raccroche à la décennie promise...
Seules quelques enquêtes évoquent des spécialités de la fin du siècle (boys band, minitel, débuts du web, OVNI à la X-Files...).
On dirait que la série a été écrite pour une immersion début 1980, et finalement décalée à 1994 pour éviter que l'héroïne soit trop âgée, sans doute ?
Le résultat est bancal, et parfois très agaçant : d'un côté, des personnages du passé caricaturaux et grotesques (vulgarité puérile, clope à gogo, machisme, etc...), et de l'autre, une héroïne donneuse de leçons, qui ne se remet jamais en question et se prétend l'exemple parfait à suivre (vegan, écolo, inclusive, célibataire libre...).
Et c'est bien dommage, car la série assume une vraie trame traitée du début à la fin de cette première saison, avec quelques bonnes idées, et une sobriété bienvenue quant au pourquoi du comment du voyage temporel.
Perso, j'ai eu un peu de mal au début, mais je reconnais un travail intéressant sur l'ensemble.