Autant le préciser d'entrée : j'avais d'autres idées en tête pour le titre de ce billet. Des choses plus subtiles, moins frontales...
Mais j'avais aussi envie d'acter la violence de la désillusion.
J'écris ces lignes à la veille de la sortie de la saison 2 et – je vous le dis tout net – je ne la regarderai pas. À quoi bon, vu comment cet anime, après s'être risqué à un audacieux pas de côté durant toute sa première moitié, a fini au bout du compte par rentrer dans le rang de la pire des manières, au point de me laisser avec une douloureuse gueule de bois.
Alors c'est vrai qu'au premier regard, cette Frieren n'a pas l'air bien originale ; c'est même tout le contraire. Des elfes, des mages, des nains et des démons, le tout dans un univers de medieval fantasy où tout le monde a un nom tiré du dictionnaire japonais / allemand : difficile de faire plus convenu que ça. C'est quasi-littéralement du Seigneur des Anneaux, avec sa petite communauté interraciale qui se constitue pour aller poutrer le vilain Soron à l'autre bout de la Terre du Milieu...
Seulement voilà, il a fallu que cet anime fasse le choix du contrepied inattendu : ne pas parler de l'épopée, mais parler de l'après, d'où ce titre international : Beyond Journey's End.
Au-delà de la fin du voyage, donc...
Et, l'air de rien, c'est quand même un sacré choix culotté que celui-là. Parce que, bon : quoi raconter une fois la grande épopée terminée ? Le Roi des démons a été abattu. Le pays est sauvé. Tout le monde est heureux. D'accord, mais du coup quel centre d'intérêt reste-t-il ? Une œuvre ne peut quand même pas prendre le pari de raconter la béatitude de ces héros qui sont ravis du fait accompli et qui vont pouvoir désormais passer le reste de leur existence à couler des jours heureux ?
Surtout s'il s'agit de parler de ce type de héros-là ! Standardisés et lisses et possible !
...Eh bah pourtant, ce pari-là, c'est bien celui qui a été pris par cet anime, de c'est sincèrement déconcertant.
Le seul premier épisode a suffi pour totalement me couper la chique.
Tous les attendus sont battus en brèche.
Pas d'équipe à constituer, pas de synergie à trouver, bien au contraire. La série vient à peine de commencer qu'on a déjà l'impression que l'essentiel nous a déjà échappé. Les quatre lurons se remémorent leur dix années de camaraderie. Ils s'amusent des bitures de l'un et de la naïveté de l'autre, sans jamais aborder leurs combats et leurs faits de bravoure. Notre essentiel n'est pas le leur. Dix minutes de passées et, déjà, leur complicité nous échappe...
En cela, ce premier épisode, c'est quand même un petit bijou. Un bijou qui m'a tellement cueilli que j'en ai posté une réaction ici même, sur SC.
Il y avait déjà tout là-dedans. Tout ce qui allait faire, selon moi, l'intérêt de cet anime.
Prenez juste cet exemple : pendant la célébration de la grande victoire – en début d'épisode, donc – nos quatre compagnons contemplent une pluie d'étoiles filantes. Frieren, l'elfe du groupe, se permet néanmoins de préciser qu'elle connaît un endroit où on peut assister à une pluie d'étoiles filantes encore plus grandiose, il faut juste attendre cinquante ans pour la voir. Et c'est ainsi qu'un rendez-vous est fixé pour réunir à nouveau la bande.
Mais comme cet anime entend nous faire vivre les choses à travers la temporalité de son personnage éponyme d'elfe, il ne suffit que de quelques minutes pour qu'on y soit. Entre-temps Frieren n'a rien fait d'extraordinaire : elle a juste fureté à droite et à gauche pour compléter sa collection de sorts, comme on le ferait tous au cours d'une semaine bien banale. Et voilà comment soudain, la jeune elfe est rappelée à la réalité de ses autres compagnons. Ce qu'elle avait lancé comme une invitation à se faire une terrasse le prochain week-end a été reçu par ses trois partenaires comme la date d'un futur adieu ; un dernier moment de complicité avant de quitter ce monde. L'ultime contemplation avant de fermer définitivement les yeux. Le point final de toute une vie...
Et voilà comment, soudain, notre jeune héroïne se rend-elle compte qu'elle aussi, comme le spectateur au fond, elle a sûrement loupé l'essentiel dans toute cette affaire. Elle qui a l'impression d'avoir encore tout à apprendre et à découvrir, voilà qu'elle aperçoit dans les yeux de chacun de ses compagnons une forme d'accomplissement et de sagesse. Comment y sont-ils parvenus alors que leur existence a été si brève ? Y parviendra-t-elle dès lors de son côté, vu qu'en un demi-siècle tout entier, elle ne semble toujours pas avoir caressé qu'une once de ce qu'ils ont pu acquérir ?
Et voilà comment, après la mort de chacun de ses compagnons, notre personnage principal prend pour résolution de partir là où elle pourra les retrouver afin d'échanger à nouveau avec eux et saisir ce qui lui a échappé durant toute son épopée...
Ce décalage permanent entre la temporalité humaine et elfe – et les préoccupations qui en découlent – est vraiment l'élément structurant de tout ce début de l'aventure. Et ce décalage est d'autant plus palpable que l'intrigue a fait ce choix judicieux d'associer à Frieren deux jeunes apprentis formés par ses anciens compagnons. Ainsi, à chaque épisode – à chaque étape de ce voyage rétrospectif – viennent en permanence s'opposer pulsion de jeunesse et errance inconséquente, peur de l'inconnu et certitude sereine, désir d'accomplir vite et souci de prendre le temps de comprendre.
Tout ce petit monde n'a pas les mêmes préoccupations, pas les mêmes freins, pas les mêmes clefs au sein de ce monde, et c'est par un étrange jeu d'alimentation réciproque d'enjeux antagonistes que ce voyage parvient à se mettre en branle. Un voyage dans un monde plus que connu, donc, mais pourtant un vrai voyage vers l'inconnu dans la mesure où on ne sait pas vraiment où il va ni ce qu'il cherche...
Il est là le vent de fraîcheur apporté par Frieren.
Et je tiens à le préciser tout de suite avant de devenir particulièrement désagréable avec cet anime : ce vent de fraîcheur, il ne doit rien au hasard ou au petit coup de chance. Parce que cette formule, elle parvient tout de même à fonctionner sur dix-sept épisodes, l'air de rien. Or, on ne tient pas sur un temps aussi long sans savoir ce qu'on fait, d'où on va, et quel intérêt on peut trouver à s'y rendre.
Dans le cas de Frieren, l'intérêt recherché, il est manifestement dans les petites choses. À la façon de cette grande épopée qu'on a volontairement mis de côté pour partir à la chasse aux petits instants qui avaient vraiment du sens, chaque épisode est construit de tel manière à ce que ce soit ce même type de quête qui soit mis en avance. En cela l'intrigue de Frieren pourrait aisément se confondre avec celle d'un jeu vidéo ; confusion rendue d'autant plus facile qu'ils ont été aussi nombreux ces ouvrages vidéoludiques à s'être inscrits dans le genre très spécifique de la medieval fantasy, au point parfois même s'y imposer certains de leurs codes narratifs. Ainsi, dans Frieren, l'intrigue est-elle construite comme un enchaînement de quêtes : d'un côté la quête principale qui permet d'accéder à de nouvelles zones et d'avancer jusqu'à la fin de l'aventure et, de l'autre, une multitude de quêtes secondaires , souvent basiques et répétitives, qui ne servent qu'à booster ses stats en vue d'affronter les prochaines épreuves avec davantage de sérénité.
Or, face à cette multitude de quêtes, Frieren – série comme personnage – se désintéresse quasi-systématiquement des quêtes principales pour ne s'intéresser qu'aux quêtes secondaires. Il s'agit d'aider chaque village et chaque paysan, d'aller nettoyer chaque plage, convoyer chaque troupeau ou débarrasser tous les bois maudits des environs de leurs esprits frappeurs. Dans cette vaste partie, Frieren est cette joueuse qui a déjà plié l'aventure principale et qui cherche désormais à le platiner quand ses jeunes apprentis Fern et Stark ne comprennent pas cette logique complétiste, eux qui cherchent avant tout à se confronter à ce qu'ils estiment être le vrai cœur de l'aventure. Ce fameux cœur de l'aventure que Frieren cherche plutôt parmi les détails parsemés ici ou là...
Les habitués du genre comme du monde de l'anime ne pourront d'ailleurs qu'être interpellés par l'attention apportée à certains détails visuels d'habitude délaissés par les productions du même acabit.
Ici c'est une foule d'arrière-plan qu'on prend la peine de bien animer et là ce sont des plans de détails qui focalisent l'attention sur des gestes très anodins. Même l'intrigue fait régulièrement le choix de se désintéresser de l'essentiel. Il n'est pas rare qu'un épisode commence en nous annonçant une menace à éliminer dans cette nouvelle contrée, mais pour au bout du compte expédier cette question en un clin d'oeil. Le monstre est surpris dès la sortie du village et se retrouve terrassé en une seule attaque. Reste alors deux tiers d'épisode que nos compagnons vont pouvoir consacrer à des choses plus importantes à leurs yeux comme le fait de se rappeler de petits gestes accomplis jadis par des êtres chers et ainsi mieux comprendre leur signification.
Et c'est ainsi qu'on se retrouve au bout du compte avec 10 secondes consacrées à un combat plié d'avance mais par contre dix minutes sur une histoire de steak. (Et je ne rigole pas : c'est l'épisode 12.)
De bonnes idées comme celles-là, l'air de rien, Frieren en a quand même quelques-unes.
Pelle mêle, en voici quelques-unes qui me viennent le plus spontanément à l'esprit :
- le parasitage permanent entre les temporalités de Frieren et de ses apprentis. La première est prête à s'éterniser en tout lieu pour des gains parfois dérisoires quand les seconds sont systématiquement mu par l'urgence du temps qui passe ;
- le fait que Frieren soit à la fois très infantile du fait de son jeune âge d'elfe et en même temps très assurée dans ses connaissances du monde et de la nature des êtres. Son incrédulité face aux démons qui savent jouer des émotions et des mots pour amadouer les humains était par exemple particulièrement bien sentie ;
- intéressant aussi le fait de montrer que les forces et faiblesses des uns et des autres reposent avant tout sur cet écart de temporalité : les humains, mus par l'urgence, apprennent, comprennent et attaquent vite. À l'inverse, leur courte expérience de la vie les rend bien plus facile à berner ;
- autre idée bienvenue : le fait que l'issue des combats soit connue d'avance. Frieren sait qui va gagner et le dit d'emblée. Dès lors, l'enjeu du combat ne porte pas sur son issue mais sur ce qu'il va nous apprendre des personnages ;
- j'évoquerais enfin cette manière habile de transcrire tous ces enjeux au travers des rapports de séduction : Frieren a beau avoir loupé le coche avec Himmel et savoir que les elfes ont une fâcheuse tendance à louper les rares opportunités se se reproduire que ça ne l'empêche pas de rester six mois enfermé dans un chalet avec un congénère taillé comme un éphèbe et pourtant ne rien en faire. Au bout du compte, ils se séparent tous deux, persuadés qu'au cours de leurs multiples siècles d'existence, ils auront bien l'occasion de se retrouver et de poursuivre leur relation, mais sans avoir la certitude que ça soit un jour le cas. Et ce qui est amusant dans cette affaire, c'est que la même Frieren ne semble pas avoir de pudeur sur la question puisqu'elle n'hésite pas à offrir des potions coquines à son apprentie pour son anniversaire ou bien à lancer des baisers au vent à la façon d'un « charme érotique » pour mieux amadouer un moine qu'elle cherche à enrôler...
Bref, autant d'éléments qui participent à faire de Frieren une étrange épopée, à la fois pour son inattendue attention aux petites choses que pour son cheminement inhabituel et imprévisible...
...Mais ça, c'est juste le temps de dix-sept épisodes, donc. Après ça, une bascule s'opère, et c'est clairement là le début de l'enfer.
Ah mais cet épisode 18...
Il commençait pourtant comme tous les autres. Une fois de plus, une convention de medieval fantasy était mise sur le chemin – une Académie de magie – et, une fois de plus, j'attendais de voir comment cet anime allait tout de suite remiser au placard les clichés du genre pour mieux porter notre attention sur un détail inattendu... Mais sauf que non, en fait. Étonnamment, et sans explication aucune, Frieren décide de totalement abandonner sa feuille de route initiale pour se remettre brutalement dans le rail du gros shônen bien bête et bien méchant.
Loin d'être expédié en deux-deux, l'examen de magie est traité en long en large et en travers, trépigne comme jamais, au point de coloniser épisode après épisode sans jamais avancer.
Et vas-y que je te multiplie les personnages secondaires tous aussi insignifiants et caricaturaux les uns que les autres ; prétexte à multiplier des arcs narratifs dont on n'a strictement rien à foutre. D'un côté les personnages féminins en jupettes de cosplay et de l'autre les mecs qu'on semble avoir dessiné à partir d'un générateur aléatoire de jeu de foot (entre le mec chauve sans sourcil et celui à long cheveux en arrière et grosse moustache d'Astérix : c'est le festival d'insignifiance.) L'anime patine d'ailleurs tellement à gérer son propre merdier qu'il en vient parfois à afficher littéralement les noms des personnages qu'il n'a pas eu le temps de présenter alors que, pourtant, du temps, on en perd au cours de ces onze derniers épisodes de fin de saison !
Ah mais ces épreuves de magie ! Mais quel calvaire ! Non seulement c'est interminable mais, en plus de ça, qu'est-ce que c'est mal écrit !
Tous les clichés du shônen sont réinvestis, mais en plus ils le sont avec une paresse crasse qui aura de quoi sidérer celui ou celle qui aura été sensible à la démarche des dix-sept premiers épisodes.
D'un côté on compense le vide de fond par une surenchère de combats et de violence aussi gratuite qu'infondée (à quoi bon organiser une hécatombe de mages pour un simple examen ?!). Et puis, à côté de ça, on va meubler avec des bavardages interminables et redondants, visant à expliquer des stratégies aussi connes qu'incohérentes
« Ah mince ! En ayant asséché tous les ruisseaux de la zone, les mages instructeurs nous forcent à tous aller nous abreuver au lac ! Du coup on risque de se faire piquer l'oiseau qu'on nous a demandé de capturer ! Fichtre, qu'est-ce que c'est retors ! »
(Bah non... Vous êtes trois, les gars. Il y en a un qui part chercher de l'eau avec une gourde pendant que les deux autres restent planqués avec l'oiseau. Qu'est-ce que vous racontez au juste ?)
« Pour éliminer Frieren, il suffit
de tuer l'une de ses coéquipières ! Haha ! Je vais dresser un grand mur entre elles, comme ça Frieren ne pourra pas les défendre !!! »
(Bah non, ducon. Frieren elle sait voler. D'où que tu crois que ton mur va servir à quoi que ce soit.)
« Eh ! Et si on dispersait un peu de mana dans chaque flaque pour obliger les oiseaux à se rendre là où on le souhaite ? »
(Depuis quand la mana ça se déverse ? C'est quoi ces conneries ?)
Et là je ne parle que de la première épreuve, mais la seconde c'est encore pire. On a quand même tout un épisode qui ne sert littéralement à rien. Il débute sur l'affrontement à venir avec...
Dark Link aka Dark Frieren.
Et il finit avec le même affrontement à venir. Entre-temps, on se sera juste bouffé des bavardages de stratégie et autres combats annexes inutiles. C'était chiant et stupide. Tout ça pour qu'au bout du compte, parmi les heureux élus, un personnage lambda qui n'aura rien foutu de toutes les épreuves obtienne son diplôme quand des dizaines d'autres qui ont bien plus mouillé la chemise repartiront bredouille. En même temps, je dis ça alors qu'en vrai je m'en fous de savoir qui est reçu et qui n'est pas reçu. A la base, moi, ce qui m'intéressait, c'était le voyage de Frieren et tout ce qu'il permettait comme interactions et attentions aux petites choses. Là, on m'a envoyé dans ma gueule onze épisodes de DBZ pour un diplôme dont je n'ai rien à foutre au profit de personnages dont je n'ai rien à battre.
Non mais, au secours !
Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Les auteurs de l'anime ont-ils fini par être enfermé par le carcan du manga ?
Madhouse a-t-il fait bosser deux équipes avec l'une qui gère tout ce qui concerne les balades méditatives et l'autre qui gère tout le gros œuvre à la con du shônen qui pique ?
Franchement, il y a un tel grand écart entre les deux aspects de la série que c'en est sincèrement à se poser la question. Car même lors des onze derniers épisodes, sitôt l'anime se risque-t-il à une petite parenthèse de souvenir que soudainement les qualités des débuts reviennent. La réalisation, les plans de détail, la nature des questionnements... C'est comme si on venait de zapper sur un autre programme. Mais malheureusement c'est trop furtif. Ça s'arrête vite, et on retourne rapidement s'embourber dans les conventions de merde...
Franchement, c'est triste.
C'est triste et surtout ça fait chier.
Parce que, d'accord, ce n'est pas non plus un potentiel chef d'œuvre qui a fini par être savaté par des choix artistiques plus que consternants.
Non, Frieren ça n'avait clairement rien d'exceptionnel, mais ça avait cette fraîcheur qui le rendait léger et agréable. C'était la bonne petite surprise ; le petit vent d'air frais au milieu d'une production standardisée.
Or, plus qu'une occasion perdue, Frieren, par cette seule première saison, résonne comme un reniement. Madhouse sait à quel type de spectacle il s'est permis de se livrer pendant dix-sept épisodes et, de son propre-chef, il a décrété que ce genre de démarche ne pouvait que durer qu'un temps et qu'il fallait bien, à un moment où à un autre, revenir aux choses sérieuses, à comprendre aux standards du genre.
Avec une approche pareille, comment espérer quoi que ce soit de la saison 2 ?
C'est la raison pour laquelle je ne prendrai sûrement pas le risque de m'y cogner. Je pense que j'ai déjà obtenu l'essentiel de ce que cette série pouvait me donner, donc autant ne pas insister et dégrader encore davantage ce que cette fin de saison 1 a déjà contribué à pas mal abîmer.
Au bout du compte, cet anime, je lui mets 5. Pas pour dire que c'est moyen, mais plus produire un avis moyen entre cet anime sympathique du début que j'ai franchement bien apprécié et ce shônen inconsistant et bête qui m'a rappelé à tout ce que je fuis dans les anime et qui me débecte. Et c'est d'ailleurs sûrement pour cela que je ne me risquerai pas à en voir davantage. Je n'ai pas envie que la poursuite du carnage entame la sympathie que j'ai pu avoir pour ces fameux dix-sept premiers épisodes.
À bien y réfléchir d'ailleurs, cette conclusion de saison 1 a déjà fait pas mal de dégâts. Trop à mon goût. Parce qu'en s'égarant ainsi sur son dernier tiers de saison 1, il entache déjà certains souvenirs. Je me rends compte a posteriori à quel point ceux-ci fonctionnaient d'autant mieux qu'on ne savait pas où l'anime nous conduisait vraiment . Ça produisait une insouciance bienvenue. Mais à force de piétinements et de gros sabots, Frieren a fini par endommager ce qu'elle avait semé de plus délicat sur son chemin.
Autant donc laisser là cette « Frieren la fossoyeuse », pour reprendre son titre original. Son existence sera sûrement bien longue, vu les retours globalement positifs qu'elle rencontre, et tant mieux pour elle. Seulement voilà, cette longévité annoncée semble déjà avoir tué tout ce qui aurait pu en faire l'intérêt. L'essentiel est déjà passé, comme une parenthèse enchantée. Ne restent plus que les regrets d'une belle légèreté trop vite dénigrée.
Pour ma part, je n'entends pas faire l'erreur de ces jeunes apprentis qui se laissent piéger dans des temporalités qui vont leur faire perdre beaucoup pour au final gagner si peu.
Je quitte la partie pour préserver l'essentiel, et ne m'en tenir qu'au bon souvenir du roi Himmel...