Je m’attendais au pire. Vraiment. J’avais ajusté mes attentes au niveau du sol, préparé le casque, le gilet pare-balles et un soutien psychologique préventif. Et pourtant, le premier épisode a réussi l’exploit d’être en dessous. C’est dire la performance.

Malgré mon aversion assumée pour certaines productions cinématographiques françaises, cet art délicat de confondre intensité dramatique et séance de thérapie filmée, j’ai consenti à un effort héroïque : quinze minutes. Un quart d’heure. En théorie, une broutille. En pratique, une ride supplémentaire.

Puis arrive l’héroïne. Elle se dit « nulle en boxe », aveu d’une honnêteté presque touchante, j’ai failli essuyer une larme. Puis je me suis rappelé que c’était involontaire. Elle décide alors d’entamer un entraînement de haut niveau : frapper à mains nues le mur en béton de sa cellule. Oui, le mur. En béton. Parce que dans cet univers, les os sont optionnels et la cohérence relève de la science-fiction. Le tout pour se préparer à affronter la caïd mafieuse parisienne, ce Rambo en version féminine, dotée d’un chargeur illimité et d’un scénario à toute épreuve.

À ce moment précis, j’ai tenté l’impossible : ne pas zapper. Me convaincre qu’une étincelle allait surgir. Une phrase complète. Un sujet, un verbe, une idée. Même un cliché, mais exécuté avec conviction. J’ai mobilisé des ressources mentales que je réserve d’ordinaire aux déclarations d’impôts ou aux repas de famille où quelqu’un commence une phrase par « moi, je dis ça, je dis rien ».

En vain.

J’ai donc décidé de m’échapper de la cellule avant sa libération. Télécommande en main. Fuite stratégique. Extraction d’urgence.

J’ai craqué. J’avoue : je suis faible. Ou simplement doté d’un instinct de survie narratif.

On dit qu’un quart d’heure dans une vie n’est rien. Une poussière cosmique. Certes. Mais quand chaque minute s’étire comme un chewing-gum collé à la semelle du scénario, le temps cesse d’être une donnée scientifique pour devenir une expérience mystique. Même Einstein aurait demandé l’arrêt immédiat de l’expérience.

Bref, je m’attendais au pire et vous savez quoi ? J'ai quand même été déçu !


TurtleLand
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le 21 févr. 2026

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