Où Matt Groening rencontre La Fontaine et lui quiche la tête.
Tout a été dit sur Futurama, et beaucoup ont encore du mal à répondre à cette question: ne s'agit-il pas là que d'un sous-Simpsons?
La réponse est non, et même plus: Futurama est l'oeuvre dont les Simpsons est le brouillon. Contrairement aux apparences, souvent faussées par la VF crétine et le manque de culture américaine des spectateurs, Futurama est bien plus subtil que la série phare de Groening. Oui, subtil. L'humour y est plus acide, plus social, plus politique, sous couvert de potache et de slapstick; mais, comme dit plus haut, les gags sont extrêmement référencés, parfois de simples clins d'oeil à l’actualité ou l'Histoire des USA. On y brocarde tout ce que le pays de l'Oncle Sam compte comme assistés, névropathes, profiteurs et énergumènes divers, le tout dans un contexte futuriste qui confine à l'absurde.
Cette mise en scène rend le tout bien plus délectable, car elle autorise toutes les transgressions, comme une fable moderne, où la cour moquée (ici le public américain) se gausserait de ses propres travers situés dans un univers différent.
En somme, un coup de maître, avec des épisodes de qualité inégale, bien sûr, mais comprenant suffisamment de chefs d'oeuvre pour en faire une des plus grandes réussites de l'histoire des séries animées.