Goldorak, ou Grendizer, ou Duke Fleed ou comme bon vous semble, est un dessin animé extraordinaire. Évidemment qu'on pourrait reprocher bon nombre de choses, quoi de plus facile que de relever chaque incohérence d'un animé pour le bousiller ? Sans parler des poncifs obligatoires de l'époque, la sempiternelle transformation de Duke Fleed ou les secrets de polichinelle tels que "Est-ce que ce phénomène viendrait des forces de Vega ?" à quasiment chaque début d'épisode, les pions ridicules des forces de Vega encore + bêtes que des PNJ de Hitman, une animation qui a vieilli aussi forcément... Bref j'en passe, une narration pensée à l'époque avant tout pour les enfants et le format TV, alors le côté par moment un peu trop naïf est inévitable (animé sorti en 1975), Goldorak a effectivement pris un coup... Une fois qu'on a intégré ça, mais qu'on se laisse porter par tout ce que nous propose Goldorak, il est absolument fascinant de voir à quel point ça a tant inspiré, c'est pourquoi il s'impose même 50 ans plus tard comme un des pilliers, de ceux qui ont fait l'imaginaire d'une grande partie des animés et jeux vidéos japonais de l'époque, etc. Malgré les petites faiblesses évoquées, rares sont les répétitions des thèmes abordés, à chaque fois la série sidère par son inspiration (comics) et dans le même temps son inventivité (on verra plus tard Dragon Ball etc), sa pureté même. Dans les deux premiers tiers de la série j'ai été vraiment transporté et touché par cet univers précurseur, de grands moments d'émotion, vraiment... Et surtout, si vous voulez vous lancer dans l'aventure, je me dois faire passer le message moi aussi car c'est important : il faut absolument regarder Goldorak en VOSTFR, pas la VF ! C'est le jour et la nuit en tout point. Seulement voilà, il y a les petitess invraisemblances que je pardonne, surtout dans un animé, mais il y a celles grotesques qui posent vraiment problème, et je trouve que Goldorak a malheureusement franchi cette limite dans la troisième et dernière partie de la série. (SPOILERS) Pour ne citer qu'elle, l'apparition surprise de Maria, la soeur de Daisuke, qui a survécu, ça c'est un gros gachis, là ils ont sacrifié un petit peu le mythe pour prolonger la série. Ils ont un peu trahi l'essence du personnage, ce qui faisait d'ailleurs aussi l'originalité en + de Goldorak par rapport à Mazinger : la profondeur mélancolique du personnage torturé, ce divin moment du pilot avec Daisuke jouant sa guitare tel un écorché vif face à la lune rouge, le regard massacré, la marque d'un drame incurable (meilleur passage de toute la série après tout ?)... Aussi ce nouveau personnage de Maria balaie énormément de pistes à peine entamées, le triangle amoureux pour ne citer que ça, et ne fait que prendre de la place à Hikaru, remplacer ce qu'on aurait déjà pu faire avec Hikaru en + subtil. Même chose avec Zuril, qui ne fait que balayer le personnage de Lady Gandal (la moitié féminine du général Gandal) et les conflits de leurs divergences, tout était déjà suggéré là aussi... D'autres personnages secondaires qui dusparaissent par moments. Je veux bien citer Goro car les rares épisodes le mettant en avant donnent + de vie aux relations, à l'univers, le formidable épisode 22 par exemple de mémoire. Et si les derniers épisodes sont assez réjouissants (le dernier épisode spectaculaire mais pas assez je trouve pour le coup, j'aurais aimé encore + de mise en difficulté pour Goldorak), il me reste personnellement un petit sentiment de gachis avec cette dernière partie trop convenue. Je prends l'animé dans son entièreté et je préfère en retenir essentiellement les nombreux grands moments, les idées formidables et finalement la grande surprise, l'"improbable" coup de coeur !