Si Good Omens était une prophétie, ce serait un parchemin ancestral annonçant la fin du monde... rédigé à l’encre d’humour britannique et livré par un démon en Bentley vintage avec un ange en tweed sur le siège passager.
Le pitch ? Aziraphale, ange bibliophile, et Crowley, démon rockstar un peu trop attaché à ses plantes, forment le duo le plus improbable depuis Lennon/McCartney. Quand ils apprennent que l’Antéchrist a été lâché sur Terre, ils décident de saboter tranquillement l’Apocalypse pour continuer à profiter de leur petite routine humaine : vinyle pour l’un, scones pour l’autre.
La série est un savoureux cocktail de Neil Gaiman et Terry Pratchett, donc logiquement barrée, pleine de non-sens parfaitement orchestré, de digressions absurdes et de punchlines célestes. Chaque épisode est un mélange de théologie rigolote, de satire douce-amère et de comédie british en costume.
Le duo Tennant/Sheen est littéralement divin (et démoniaque) — leur alchimie crève l’écran, et on se surprend à espérer que la fin du monde n’arrive jamais, juste pour les voir continuer leurs chamailleries cosmiques. Les anges sont froids, les démons bureaucrates, et la fin du monde ressemble plus à une crise RH céleste qu’à un cataclysme spectaculaire.
Mais Good Omens, c’est aussi un joyeux chaos narratif, où le fil conducteur semble parfois aussi flou que les prophéties d’Agnès Barge, et où certains arcs secondaires sont plus anecdotiques que nécessaires. Disons que la série aime parfois plus son style que son scénario.
Malgré quelques lenteurs et une saison 2 qui pousse un peu sur le fan-service (coucou les regards très très longs), Good Omens reste une comédie apocalyptique aussi intelligente que farfelue, qui te rappelle que le bien et le mal, c’est bien mignon — mais que rien ne vaut un bon fish and chips partagé entre amis interdimensionnels.