Une fois n'est pas coutume : mon choix de la semaine restera une fois encore dans le domaine du fantastique, un genre dont je me délecte chaque fois que la qualité est au rendez-vous. Aujourd'hui, je vais vous parler brièvement de Helix, un programme issu de la très inventive chaîne Syfy, à qui l'ont doit un sacré paquet de titres phares. Pour n'en citer que quelques uns : Continuum, Grimm, Sanctuary, Torchwood, Orphan black, Battlestar galactica, Defiance, Les mystères de Haven, ou encore tous les Stargate...
Le pilote d'ouverture, qui fusionne deux épisodes, nous fait profiter d'un format film (ou du moins téléfilm), ce qui permet une immersion plus intense dans ce nouvel environnement hostile. A première vue, on a affaire à une sorte de survival à huis clos, puisqu'un groupe de chercheurs du CDC est mandaté par les responsables d'un site scientifique reclus en plein Antartique, afin d'enquêter sur un mystérieux virus qui a le potentiel d'annihiler toute vie à la surface du globe. Programme alléchant!
Alors pour ceux qui voudraient savoir, qu'est ce que le CDC ? Et bien c'est l'acronyme de "Centers for Disease Control and Prevention", une agence gouvernementale américaine basée près d'Atlanta en Georgie. Il en existe plusieurs comme celui-ci aux Etats-Unis, qui ont pour fonction principale d'attirer l’attention du pays sur le développement et l’application de la prévention des maladies, la santé environnementale, la promotion de la santé et l’éducation. Ce centre est particulièrement spécialisé dans le domaine des maladies infectieuses.
Après cette petite parenthèse culturelle, revenons à nos moutons. Le bilan de ce pilote m'a laissé un ressenti plutôt positif. Les principaux personnages tiennent leur place et ne manquent pas de charisme. La mise en scène fait montre d'une certaine audace et de piquant, tout en parvenant à ne jamais fléchir (A voir si cela se confirme sur le long terme, ce qui est plus difficile). Quant aux effets visuels, bien que la trame en elle-même ne nécessite pas forcément beaucoup d'efforts numériques, le travail est savoureux et largement convaincant pour un show télévisuel. Le principal point fort de ce programme (pour l'heure, en tout cas), est qu'il se nourrit de plusieurs genres déjà éprouvés et qui ont marqué leur époque, le tout avec une étonnante fraîcheur et sans jamais faire vraiment plagiat. Un exploit, vue la trame principale qui ne sent pas vraiment l'originalité. Mais qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse, disait ma vieille mamie.
Ainsi, en visionnant Helix, j'ai repensé à "X-Files", "Resident evil", "28 jours plus tard" de Danny Boyle, "Contagion" de Soderbergh, et même "l'armée des 12 singes". Un véritable fourmillement de références qui pourrait faire hurler au fan service. Mais là encore, qu'importe : à force de voir défiler les séries, entre les bonnes qui sont annulées, les mauvaises qui restent, et inversement... on en devient critique et pointilleux à l'extrême. Trop pour savoir apprécier un show alléchant où le héros principal est dépassé, et s'embourbe dans les ennuis sous le regard sceptique de ses collègues qui comprennent très vite dans quel bourbier ils se sont mis. Du bon en perspective. Ajoutez un fond sonore décalé, jazzy, pile au moment des séquences les plus flippantes histoire d'en ajouter encore à la tension déjà bien affûtée et omniprésente.
Alors évidemment, le revers de la médaille, diront certains, c'est que l'on s'aperçoit assez vite que l'intrigue, bien que racontée de façon intrigante et intéressante, manque foncièrement de singularité. Qui plus est, on est en droit de se demander où veulent en venir les scénaristes, tant le mystère s'épaissit à la fin du pilote. Est-ce un défaut suffisamment notable pour renoncer? A vous de juger. Quant à moi, je pense remettre une pièce pour savoir ce qu'il advient de nos scientifiques pris au piège dans cette gigantesque base, qui semble regorger de secrets inavouables. Helix vous offre un dark thriller horrifique, aux talents cachés qui ne demandent qu'à exploser, et dont les capacités sont encore, à mon sens, en incubation...