Bonjour, vous voulez de l’eau pas cher ? Je vous propose de l’Holocauste.
Recouvert de récompenses l’année de sa diffusion en 1978, Holocauste fut un véritable succès d’époque suivi par près d’un américain sur deux où, particulièrement à New-York, on ne rencontrait quasiment personne dans les rues durant les horaires de diffusion.
Il fut cependant loin de faire l’unanimité auprès des critiques ou penseurs, tels que Finkielkraut et Simon Veil, qui regrettent à juste titre une retranscription niaise et aseptisée. En effet, on pourrait croire à une production Disney tant il est difficile d'imaginer plus simplet. C’est la shoah pour tous S/O Freeze Corleone.
Primo Levi, victime référence de la déportation, émet un avis plus favorable. Lui, ça le dérange moins de voir des prisonniers aussi bien rasés, des martyrs à la foi inébranlable et une solidarité permanente entre juifs. Mais je le comprends. Car derrière l’écriture candide et grotesque se cache une simplicité efficace à l’image de sa réalisation digne des épisodes de La Petite Maison dans la Prairie.
C’est tout beau, peu nuancé, et c’est ce qui rend cette grosse pilule de 7h particulièrement digeste. Nous sommes presque sur un créneau mielleux-scolaire où le didactisme se fait tout seul en allant de La nuit de cristal de 1938 jusqu’à la libération, en passant par la mise en place des camps, sans incohérences historiques «trop grave».
Intéressant sur le plan historique mais médiocre sur le plan télévisuel, malgré un gros casting, la seule prestation potable est celle de Michael Moriarty en SS qui a le mérite de représenter un tant soit peu l’allemand vaincu post-première-guerre-mondiale démuni n’ayant que la coopération tyrannique pour s’en sortir.
Une fiction très moyenne en somme, paradoxalement aussi enrichissante qu’abrutissante suivant sur ce que l'on s’attarde, qui montre bien qu’entre elle, Kapo, Shoah ou encore La Rafle il ne faut pas ranger toutes les œuvres sur les juifs dans le même wagon.