Ce qui m'a frappé dans cette série, c'est sa poésie.
Le monde tombe en ruine, perd ses valeurs, ses institutions et ses limites rationnelles, mais la série est bourrée (par l'intermédiaire des pensées et rêves de Murat) de scènes oniriques, belles à souhait et parfaitement symboliques.
Cela ne fait que renforcer le réalisme de la série, du point de vue politique - si ce n'est autoritariste - économique ou sociale que la série tient à respecter.
En somme, donc, nous avons affaire à une série qui mêle deux registres quasiment opposés avec ingéniosité et maîtrise. C'est une belle réussite.
Le bémol - qui, j'espère, sera rectifié dans une deuxième saison - reste les quelques impasses scénaristiques qui auraient mérité exploitation : quel intérêt véritable concernant la maladie, que Murat soit linguiste ? Certes, la maladie se transmet par la parole, mais rien n'est expliqué : comment exactement se transmet-elle ? Que se passe-t-il exactement ? Que faisait exactement Murat avant ? Etc. Les questions sont très intéressantes (ce qui montre la force de la série) mais restent désespérément en suspens.