Frank Underwood (Kevin Spacey, très jouissif dans le rôle), chien de garde au Congrès américain, frustré de voir de poste de secrétaire d'état qui lui avait été promis lui échapper, intrigue, manipule et complote avec le soutien de son épouse la belle et froide Claire (Robin Wright) pour obtenir la vice présidence. La série s'attache à dépeindre les arcanes du pouvoir avec un humour corrosif et une narration désopilante: Frank Underwood s'adresse volontiers au spectateur, brisant ainsi un des codes conventiel, détaillant en quelques formules bien senties, les objectifs d ela manoeuvre en cours. En plus du soutien de son épouse, archétype de la bourgeoisie WASP, manager d'une ONG environnementale, il s'acquiert celui de sa maitresse Zoé, journaliste ambitieuse, sans grand scrupule.
Bien que l'intrigue se passe à la maison blanche, le fond de la série, n'est pas purement politique, on assiste surtout aux manigances internes du pouvoir et à toutes les bassesses que ceux qu'il fascine sont prêts à commettre. L'argent, dit Frank Underwood, n'est qu'une maison de paille qui est vétuste au bout de dix ans, mais le pouvoir est une demeure de pierre qui résiste au temps. La saison 1 est séduisante, la saison 2 l'est beaucoup moins, le cynisme du couple Underwood devient de moins en moins drôle au fil des épisodes et finit par mettre mal à l'aise. La complaisance à maintenir Frank et Claire dans leur posture narcissique, quasi psychopathe, ne reculant devant aucune bassesse pour parvenir à leurs fins finit par lasser, surtout en face d'eux peu de résistance, pas même les Chinois, ne vont réussir à faire barrage à l'accession des Underwood au pouvoir. Il y a là une erreur scénaristique qui avait été brillamment évitée dans la série Borgen par exemple. Ou peut être est-ce juste cette vision très américaine autocentrée avec un manque d'ouverture pathologique au reste du monde. Bref arrivée à la fin de la saison 2, je suis plutôt écoeurée et je n'ai même pas envie de regarder la 3!
DorisButtignol
6
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le 9 févr. 2015

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