Je l’ai regardée. Oui. Cette série. "House of David".

Je l’ai regardée longtemps. Trop. Jusqu’au bout.

Parfois je me demande pourquoi je vais jusqu’au bout.

Peut-être pour chercher Dieu. Même là.

Même dans ce désert d’images sans chair.

C’est une série biblique. C’est ce qu’ils disent.

Mais il n’y a rien.

Rien que des visages sans feu, des voix qui résonnent comme des murs vides.

David. Le roi. Le poète.

Ici, il est... rien. Une ombre.

Pas même une ombre, une absence.

Il traverse les scènes comme un passant, comme un homme qui ne sait pas qu’il est en train de devenir légende.

Le roi Saül ?

Il hurle. Il gesticule. Il croit qu’être roi, c’est grimacer.

Il croit qu’être tragique, c’est jouer fort.

Mais la vraie tragédie, elle est muette. Elle se dit dans les silences.

Et les femmes... Mon Dieu.

Des cruches, oui. Énamourées, vides, dociles.

Elles n’aiment pas, elles admirent. Elles attendent. Elles souffrent joliment.

Aucune ne prie. Aucune ne doute.

Aucune ne vit.

Et cette morale…

Américaine.

Lisse.

Comme une nappe propre sur une table vide.

Tout est expliqué. Tout est justifié. Rien ne tremble. Rien ne dérange.

C’est long.

C’est terriblement long.

Des dialogues qui n’en finissent pas. Des phrases comme des couloirs d’hôtel.

Personne ne parle à Dieu. Ils parlent entre eux. Comme dans une conférence.

Je pensais que ce serait grand. Comme The Chosen.

Qu’on entendrait battre le cœur des psaumes.

Qu’on verrait le désert. Le sang. Le péché. L’amour.

Mais non.

C’est une série sans péché.

Et donc, sans rédemption.

Non.

Décidément non.

C’est une erreur. Une fatigue. Une faute.

J’ai éteint l’écran.

Je suis allée lire le Livre de Samuel.

Et là, soudain, David existait.

Dans le silence.

Dans la poussière.

Dans la foi.

Etienne_Cet
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le 12 avr. 2025

Critique lue 440 fois

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4

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