J'ai trouvé que la série de Netflix réussissait plutôt bien à moderniser le classique d'Ishiro Honda sans chercher à en faire un simple remake. La série reprend l'idée de départ, mais l'oriente vers un thriller beaucoup plus sombre et contemporain, avec des thèmes comme les inégalités sociales, la corruption ou encore la vengeance alors que l'original lui abordait d'autres thèmes dans le Japon d'après-guerre, notamment la responsabilité du Japon vis-à-vis de ses vétérans.
Visuellement, c'est une réussite. Les effets spéciaux sont convaincants, la mise en scène est soignée et les scènes où la "vapeur humaine" utilise ses pouvoirs fonctionnent vraiment bien. Le casting est également solide, on sent qu'il y a le budget Netflix, il n'y a que des têtes connues, y compris dans les seconds rôles (Pierre Taki, Munetaka Aoki...)
En revanche, j'ai trouvé que la série s'étirait un peu trop. 8 épisodes, c'est sans doute plus que nécessaire, et certaines intrigues secondaires donnent parfois l'impression de ralentir le récit au lieu de l'enrichir. J'aurais préféré une histoire plus resserrée, qui conserve davantage l'efficacité du film original.
L'autre point qui m'a un peu laissé sur ma faim, c'est son ton extrêmement sérieux. Là où le long métrage de 1960 gardait un côté divertissant malgré son histoire tragique, cette adaptation choisit une ambiance constamment pesante. Ça sert le propos, mais rend parfois le visionnage moins prenant sur la durée.
Au final, j'ai quand même passé un bon moment. C'est une adaptation ambitieuse, visuellement réussie et portée par de bonnes performances. Même si j'aurais aimé un rythme plus soutenu et une approche un peu moins austère, elle a le mérite de remettre au goût du jour un classique du cinéma de genre japonais. En adoptant un ton plus moderne et plus accessible, elle permet aussi à un public qui n'est pas forcément habitué aux codes parfois très marqués du cinéma fantastique japonais des années 60 de découvrir cette histoire sous un nouveau jour.