Impulse est une série qui se place dans l’univers de Jumper - le film de 2008 - et se sert de sa suite en roman, toujours de l’auteur Steven Gould, comme base scénaristique. Cela dit, l’intrigue s’en inspire vraiment très vaguement et, si quelques effets téléportatifs surviennent, c’est davantage une dramaturgie adolescente qui est décrite, d’une ado victime d’agression et tentant de surmonter son traumatisme En pleine explosion du mouvement MeToo, le script en profite pas mal pour s’engouffrer dans la thématique, et se débrouille plutôt bien. Notre protagoniste victime est une ado marginale, perdue dans une nouvelle ville, et nouvelle famille recomposée. Des crises d’angoisse de plus en plus soudaines la font se téléporter, sans qu’elle ne comprenne ce qu’il lui arrive.
La série a ce côté cinéma des années 2000, adoptant une photo très froide et contrastée, et usant régulièrement de musiques Pop Rock/Metal Alternatif. La réalisation est d’ailleurs particulière sur le fait d’avoir peu de bande-son d’ambiance en dehors des morceaux de groupes, ce qui renforce la dramaturgie. De temps à autres un score planant tragique vient enfoncer le clou. Quelques scènes parviennent à surprendre, mais beaucoup de situations révèlent une écriture maladroite, et des passages servant au développement des intrigues paraissent avoir été coupés. À vrai dire, le montage est étrange au fil des épisodes où diverses ambiances et styles cinématographiques semblent être essayés par les auteurs.
Malgré le rattachement à Jumper, la série tient plus du récit d’ados qui ne se sentent pas à leur place, avec les ressorts habituels de criminalité, et un peu de fantastique par dessus. Cette première saison ne met pas l’élément surnaturel au cœur du récit mais s’en sert comme rouage, à l’origine d’une trame boule de neige qui va de plus en plus le solliciter. C’est malin ; la tournure dramatique est intéressante, et portée par un casting convaincant, néanmoins on ne retrouve aucunement le fun caractérisé par le concept et on peut se permettre de trouver son utilisation trop parcimonieuse en dix épisodes.